Covid-19 : au Royaume-Uni, les autotests déployés massivement

Un élève s’autoteste à Hull, dans le nord-est de l’Angleterre, le 8 mars 2021, alors que les écoles rouvrent suite à l’assouplissement du confinement lié à la lutte contre le Covid-19.

Optipharm, une pharmacie de quartier juste en face du métro Wembley Park, au nord-ouest de Londres. « Les tests gratuits ? Oui, on en a plein », assure la vendeuse, une jeune femme voilée derrière la vitre en Plexiglas de l’officine. Au-dessus d’elle, une étagère pleine de boîtes de sept doses estampillées « Covid-19 self-test ». « Pourquoi en avez-vous besoin ? » On fournit un argument bateau – garder sa famille en sécurité. « Aucun problème, quel est votre âge ? » Ce seront les seules formalités nécessaires pour obtenir – sans rien débourser – ce kit de tests salivaires rapides.

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Depuis le 9 avril, le gouvernement britannique met à disposition gratuitement ces packs achetés par millions à des fournisseurs chinois, et encourage la population asymptomatique à se tester deux fois par semaine. La poste les envoie sur simple demande et 90 % des pharmacies anglaises en disposaient au 20 avril. Les tests massifs sont considérés comme un complément indispensable à la campagne vaccinale afin de détecter les nombreux cas positifs asymptomatiques et circonscrire de futurs foyers épidémiques, notamment ceux liés à la circulation de nouveaux variants.

Coton-tige frotté quatre fois bien au fond de la gorge, dix fois dans une des narines : le résultat négatif ou positif apparaît en moins d’une demi-heure sur une petite barrette ressemblant à un test de grossesse. Il suffit alors de scanner un QR code donnant accès à un site gouvernemental opéré par le NHS – le service public de santé britannique –, et de l’y reporter.

« On se débrouille seuls »

Les tests ont été mis à disposition pour les écoles dès leur réouverture, le 8 mars, après deux mois de confinement total, et ont depuis été massivement adoptés par les établissements (à partir du collège), où les enseignants et les élèves se testent pour la plupart deux fois par semaine. « On a d’abord effectué trois tests à l’école, en mars, pour nous montrer comment procéder. Depuis, on se débrouille seuls à la maison. L’école ne nous oblige pas à les faire, mais insiste beaucoup pour qu’on n’oublie pas de reporter les résultats à la fois à l’école et au NHS. C’est plutôt rassurant », juge Alice Prost, élève en 1re au lycée Winston-Churchill, un établissement franco-britannique de l’ouest de Londres.

Cette routine prend moins vite dans les milieux professionnels : il faut dire que, dans le secteur des services, beaucoup d’entreprises n’ont pas encore recommandé le retour au bureau. « Pas avant juin », confie le salarié d’une importante banque européenne, si la situation sanitaire reste encourageante. Au 27 avril, le Royaume-Uni n’a enregistré que 17 décès liés au Covid-19, et 2 675 infections supplémentaires. Les hôpitaux se sont vidés : seuls 1 608 patients infectés étaient hospitalisés dans l’ensemble du pays. « On a tous fait un test salivaire rapide avant de pouvoir rouvrir notre terrasse aux clients [à partir du 12 avril], mais depuis, on ne nous a rien demandé », témoigne un des vendeurs de la boulangerie Bread Ahead, au pied du stade de Wembley.

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via LeMonde

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