Covid-19 : comment l’Europe entend conquérir son autonomie dans la production de vaccins

Le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, à l’usine Pfizer de Puurs, en Belgique, le 22 février 2021.

Depuis qu’il est chargé du volet industriel de la stratégie européenne de vaccination contre le Covid-19, Thierry Breton est sur tous les fronts. Avec une obsession : trouver des usines, ou des lignes de production, pour augmenter le nombre de doses fabriquées en Europe. En deux mois, l’ancien ministre de l’économie de Nicolas Sarkozy a multiplié les déplacements aux quatre coins du continent – il est déjà allé en Belgique, en Suisse, en Italie, en Autriche, en Hongrie, au Danemark, en Lettonie, en Estonie, en Espagne et au Portugal –, afin d’identifier et de rencontrer les acteurs du secteur, les gros comme les petits, mais aussi ceux dont les compétences peuvent être mises au service de sa mission.

Lundi 29 mars et mercredi 31 mars, le commissaire européen au marché intérieur a mis en place un site de rencontres temporaire, sur lequel plus de 300 industriels de la santé venus de 25 Etats membres – seuls Chypre et la Slovaquie n’étaient pas représentés – ont pu se rendre (virtuellement) et entrer en contact.

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On y trouve tout ce que la production de vaccins nécessite de compétences à chaque étape d’un processus complexe, des spécialistes des substances actives aux acteurs de la mise en flacon du vaccin, en passant par les producteurs d’emballage. Cet « événement vise à promouvoir de nouvelles connexions et de nouveaux partenariats tout au long de la chaîne de production et d’approvisionnement. J’encourage les nombreuses entreprises participant au processus de fabrication des vaccins à tirer le meilleur parti des opportunités de mise en relation », explique Thierry Breton.

Les Vingt-Sept manquent encore cruellement de doses

Si les laboratoires ont réussi à développer des vaccins à vitesse grand V – en neuf mois, quand, traditionnellement, il faut au moins cinq ans –, ils n’ont pas su adapter leur outil industriel assez vite pour permettre aux Européens de vacciner à tour de bras. Comme l’a dit la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen, le 10 février, « la science a dépassé l’industrie ».

Aujourd’hui, les Vingt-Sept ont à leur disposition quatre vaccins qui ont été autorisés par l’Agence européenne des médicaments – Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca et, depuis quelques jours, Johnson & Johnson, dont les livraisons devraient commencer le 19 avril –, mais, au-delà de leurs propres difficultés logistiques à organiser des campagnes de vaccination efficaces, ils manquent encore cruellement de doses. Et l’objectif que Bruxelles s’est fixé – leur fournir de quoi immuniser 70 % des adultes d’ici à l’été – semble encore loin.

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via LeMonde

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