Covid-19 : en Allemagne, en réponse au vent de fronde qui s’est levé contre de nouvelles restrictions prévues pour Pâques, Angela Merkel fait volte-face

La chancelière allemande  Angela Merkel au Bundestag, à Berlin, le 25 mars 2021.

Rallonger le week-end de Pâques en faisant du jeudi 1er avril un jour chômé avant le vendredi saint, qui est férié en Allemagne : face à la hausse de plus en plus rapide du nombre des contaminations, telle était la principale mesure sur laquelle la chancelière, Angela Merkel, et les chefs des seize Länder du pays étaient tombés d’accord, mardi 23 mars, après douze heures de discussions.

Ce ne sera finalement pas le cas. « Cette idée de “Pâques au repos” [“Osterruhe”] a été imaginée avec les meilleures intentions, mais c’était une erreur [car] elle est trop difficile à mettre en œuvre. (…) Cette erreur est la mienne et j’en assume l’entière responsabilité », a déclaré Mme Merkel, mercredi, lors d’un bref point presse organisé à la chancellerie à la dernière minute. « Une erreur doit être appelée une erreur et, surtout, elle doit être corrigée à temps si possible. (…) Je sais que cela crée encore un peu plus d’incertitude dans la population. Je le regrette profondément et je demande pardon à tous les citoyens », a ajouté la chancelière, avant de se rendre au Bundestag pour y prononcer les mêmes mots devant les députés.

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Si la solennité avec laquelle il a été annoncé par Mme Merkel a pris tout le monde de court, ce renoncement n’est pas en lui-même une surprise. Depuis la veille, de très nombreuses voix s’étaient en effet élevées pour critiquer ce projet de « Pâques au repos », imaginé par le cabinet de la chancelière mais juridiquement mal ficelé et politiquement risqué.

Vent de fronde

Vent debout, les partenaires sociaux avaient expliqué qu’il était impossible de créer ainsi un jour chômé sans désorganiser l’activité des entreprises et sans s’être mis d’accord sur les conséquences d’une telle mesure sur les salaires. La colère était aussi venue des Eglises, très fâchées d’apprendre, sans avoir été consultées, que les messes de Pâques devraient se faire sans fidèles mais en distanciel. Enfin, les épidémiologistes s’étaient inquiétés de la décision d’autoriser les supermarchés à ouvrir un seul jour, le samedi 4 avril, entre le mercredi précédent et le mardi d’après. Avec le risque de voir les clients s’y précipiter en masse et donc de créer des foyers de contamination potentiels, soit le contraire de l’objectif recherché.

Au sein de la grande coalition de Mme Merkel, le trouble était également manifeste. Le ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, ancien président de la très conservatrice Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise, avait pris le parti des Eglises. Sur les réseaux sociaux, plusieurs députés d’habitude très loyaux vis-à-vis du gouvernement avaient fait savoir qu’ils ne défendraient pas une décision à laquelle eux-mêmes ne croyaient pas. Depuis le début de la pandémie, jamais un tel vent de fronde n’était monté de la majorité de Mme Merkel contre une mesure censée freiner la propagation du virus.

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via LeMonde

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