Covid-19 : en Russie, une mortalité toujours plus forte, jour après jour

Des membres de la commission électorale, protégés, vont faire voter des malades du Covid-19, à Tver, en Russie, le 19 septembre 2021.

A rebours de la tendance mondiale, la mortalité due au Covid-19 continue d’augmenter en Russie. Jeudi 30 septembre, pour la troisième journée d’affilée, Moscou a fait part d’un nombre de décès quotidiens au plus haut depuis le début de la pandémie, avec 867 morts répertoriés, 10 de plus que la veille.

Ces chiffres fournis par l’agence sanitaire Rospotrebnadzor, et utilisés par l’Organisation mondiale de la santé pour ses comparaisons mondiales, sont sujets à caution. Le décompte est opéré selon une méthode de calcul minimaliste et il est systématiquement revu à la hausse, a posteriori, par une autre source officielle, l’agence statistique Rosstat.

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Pour le mois de juillet, par exemple, les comptes de Rospotrebnadzor s’établissaient ainsi à 23 349 morts. Ceux de Rosstat, publiés plus tard, évoquaient de leur côté 50 421 décès. Et la réalité est sans doute encore au-delà : pour ce mois de juillet, la surmortalité constatée par rapport à juillet 2019 a atteint 64 000 personnes.

Prévalence du variant Delta qui atteint 97 %

Depuis le début de la pandémie, ce sont 600 000 morts supplémentaires qui sont survenues en Russie de manière inexpliquée, alors que le décompte officiel attribue 203 000 morts au Covid-19.

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Il n’en reste pas moins que la tendance récente est nette, avec une augmentation sérieuse et admise par les autorités. Le nombre de nouveaux cas quotidiens de SARS-CoV-2 s’établissait jeudi à 23 888, avec une prévalence du variant Delta qui atteint 97 %.

Il pourrait s’agir en partie d’un rattrapage statistique : depuis la mi-juillet et jusqu’aux élections législatives du 19 septembre, les chiffres étaient restés étonnamment lisses, avec plusieurs jours d’affilée affichant 799 morts quotidiens.

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La quatrième vague russe a ainsi déferlé dans un silence quasi total des politiques et des médias et une relative indifférence de la population. Le thème de la pandémie et de sa gestion par les autorités a été absent de la campagne législative, à l’exception du Parti communiste, qui a insisté sur son refus de la vaccination obligatoire.

« Un motif sérieux de préoccupation »

Lors d’une de ses rares interventions électorales, fin août, Vladimir Poutine avait, une nouvelle fois, estimé que la Russie avait « mieux passé l’épreuve de la pandémie que beaucoup des pays développés dans le monde ».

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Il a fallu atteindre ces tout derniers jours pour voir le Covid-19 et ses conséquences sanitaires faire leur retour dans le discours officiel. Mercredi 29 octobre, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a évoqué de « tristes records de mortalité » et « un motif sérieux de préoccupation ».

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via LeMonde

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