Covid-19 : New Delhi se déconfine prudemment

Dans les couloirs du métro de Delhi, les voyageurs semblent hésitants, comme engourdis par sept semaines de confinement. Masqués, ils se plient sans broncher aux protocoles sanitaires et goûtent prudemment leur liberté retrouvée. Lundi 7 juin, la mégalopole de 21 millions d’habitants a levé de nombreuses restrictions mises en place pour endiguer la récente vague de Covid-19. Et le métro, mis à l’arrêt depuis le 10 mai, a repris du service, à 50 % de ses capacités.

Dans une station de métro après que les services ont été autorisés à fonctionner à 50 % de leur capacité à New Delhi le 7 juin 2021.

Même les grands centres commerciaux climatisés ont été autorisés à rouvrir leurs portes. Au Select Citywalk, dans le sud de l’agglomération, seuls quelques téméraires s’aventurent dans les allées de marbre. « Je suis à la recherche du bon vieux temps », lance Munni Sen, une jeune femme de 35 ans, en quête d’un café où elle pourrait s’attabler. Mais les restaurants et les bars demeurent pour le moment fermés, tout comme les salles de sport et les cinémas.

Lire le reportage : Submergée par le Covid-19 et en manque d’oxygène, New Delhi suffoque

Epicentre de la deuxième vague de Covid-19, Delhi connaît désormais un franc recul des contaminations. Mardi, la capitale indienne a fait état de 316 nouveaux cas de Covid et de 41 décès. Au pic de la pandémie fin avril, le nombre de cas quotidiens avait dépassé les 28 000 et, début mai, le nombre de décès avait grimpé à plus de 400 en vingt-quatre heures durant plusieurs jours. Le taux de positivité des tests PCR dépassait alors 36 %, il est aujourd’hui de 0,4 %. « Cela montre bien l’efficacité des mesures de confinement et des gestes barrières pour rompre la chaîne de transmission », souligne l’épidémiologiste Chandrakant Lahariya.

« Vague traumatisante »

Les hôpitaux, saturés pendant des semaines, se désengorgent également. Plus de 20 000 lits seraient actuellement disponibles dans la capitale selon les données officielles. « Le mois dernier, je triais encore les patients allongés à l’extérieur de l’hôpital pour savoir qui pourrait être admis ou non, se souvient Amandeep Singh, médecin à l’AIIMS, l’un des établissements publics les plus réputés du pays. Mais le coronavirus n’a pas disparu. »

A Delhi, les klaxons ont peut-être remplacé les sirènes incessantes des ambulances mais personne n’a oublié. C’était il y a quelques semaines à peine. Les convois de bonbonnes d’oxygène filaient à travers la ville désertée pour approvisionner des hôpitaux à bout de souffle. La mort flottait dans l’air et les cendres des bûchers funéraires se déposaient sur les balcons. Les malades s’effondraient au seuil des hôpitaux, faute de soins. « Cette seconde vague a été dévastatrice, traumatisante pour les New-Delhiens, souligne Rommel Tickoo, directeur du service de médecine interne au Max Hospital. Beaucoup ont perdu un membre de leur famille et je pense qu’aujourd’hui le coronavirus est pris très au sérieux. »

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via LeMonde

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