Crise migratoire à la frontière : Minsk « répondra » à de nouvelles sanctions européennes

Le bras de fer se poursuit entre la Biélorussie et l’Union européenne (UE). Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a affirmé jeudi 11 novembre que son pays répondrait à toute nouvelle sanction européenne liée à la crise des migrants à la frontière, que Bruxelles impute à Minsk.

« S’ils nous imposent de nouvelles sanctions (…), nous devons répondre », a-t-il affirmé, cité par l’agence de presse publique Belta, évoquant notamment la possibilité de suspendre le fonctionnement d’un gazoduc qui traverse la Biélorussie et livre du gaz russe, vital aux Européens.

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Le chef de la diplomatie biélorusse a par ailleurs affirmé refuser de discuter de la crise en cours à la frontière, où quelques milliers de migrants sont pris au piège. Dans une interview à l’agence de presse Ria Novosti, Vladimir Makeï a affirmé que l’UE avait coupé en 2020 ses financements à Minsk pour renforcer ses infrastructures à la frontière et construire des lieux d’accueil pour migrants. En réaction, Minsk a cessé de respecter un accord avec Bruxelles pour la réadmission de migrants entrés illégalement dans l’UE depuis son territoire.

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« Politique irréfléchie »

« Nous avons proposé à l’UE de mener des consultations sur ce sujet, mais nous avons essuyé un refus. Depuis, nous avons proposé à maintes reprises d’entamer un dialogue sur cette problématique, mais n’avons pas reçu de réponse positive », a dit M. Makeï. Il a également affirmé que la crise migratoire actuelle était le résultat « de la politique irréfléchie » de Bruxelles qui, selon lui, a « invité les réfugiés et déclaré qu’elle était prête à les accueillir ».

Le ministre a aussi assuré que Minsk était favorable à un règlement de cette crise « dans les plus brefs délais ». Depuis lundi, les tentatives de passage en Pologne depuis la Biélorussie de centaines de migrants, originaires principalement du Proche-Orient, ont déclenché une grave crise.

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Varsovie a déployé 15 000 soldats dans la zone, en plus de policiers et de gardes-frontières. Les Européens accusent le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, d’avoir sciemment orchestré cette situation en délivrant depuis des mois des visas à des migrants et en les acheminant à la frontière pour se venger des sanctions européennes.

Depuis la répression implacable d’un mouvement d’opposition en 2020, la Biélorussie est soumise à de lourdes sanctions occidentales qui l’ont poussée à se rapprocher de Moscou.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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