Crise UE-Biélorussie : Gabriel Attal « n’a pas de leçon à donner » à la Pologne sur la construction d’un mur à sa frontière

Des migrants venus du Moyen-Orient bloqués et rassemblés au checkpoint de Kuznica à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, lundi 15 novembre 2021.

Honteux ou compréhensible ? L’annonce de la construction d’un mur à la frontière extérieure de l’Union européenne (UE) par la Pologne, en raison d’un afflux de migrants orchestré, selon l’UE, par la Biélorussie, a fait réagir en France.

Gabriel Attal a accusé mardi 16 novembre, sur France Inter, Alexandre Loukachenko, le président biélorusse, de « mise en scène inhumaine et macabre » visant à « fracturer » l’Europe et « faire peur aux Européens ». Le porte-parole du gouvernement a rappelé « la solidarité » de l’Etat français avec la Pologne. Si « la situation et cette escalade » entre Varsovie et Minsk le « désolent », le porte-parole du gouvernement a déclaré au sujet du mur n’avoir « pas de leçons à donner ». Même tonalité chez la députée européenne Renew/La République en marche (LRM) Nathalie Loiseau qui a dit sur Sud Radio « à la fois comprend[dre la réaction des Polonais qui se sentent attaqués, assaillis », tout en relevant le « côté tragique de l’histoire », la Pologne étant « de l’autre côté du rideau de fer » avant la chute du mur de Berlin.

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En revanche, interrogé mardi matin sur France 2, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, s’est lui opposé à la construction du mur, prévue pour janvier 2022 : « Je suis pour une Europe qui tient ses frontières mais pas pour une Europe qui se hérisse de barbelés ou se couvre de murs ». Dénonçant le « chantage de facto mis en place par la Biélorussie, aidée par la Russie », Aurore Bergé, présidente déléguée du groupe LRM à l’Assemblée nationale, s’est, elle aussi, opposée sur Radio J à toute construction d’un mur.

« Solution honteuse » ou « mur qui protège »

Dans l’opposition, l’annonce de la Pologne a été dénoncée à gauche. L’eurodéputée La France insoumise Manon Aubry a écrit dans un tweet voir dans ce projet de mur, pour faire barrage à l’immigration, « le résultat de l’infâme jeu de dupe diplomatique dans lequel l’UE s’est laissée enfermer en acceptant l’instrumentalisation de vies humaines par Loukachenko ».

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« C’est une solution honteuse, qui nous renvoie à la guerre froide, à cette époque où on a fait des murs entre les Européens », a abondé le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, sur LCI, réclamant qu’Emmanuel Macron dise « son indignation officielle à l’égard du projet polonais ».

A droite et à l’extrême droite, l’annonce de l’édification de ce mur à la frontière polonaise est au contraire perçue comme bienvenue. Le député et candidat à l’investiture présidentielle Les Républicains Eric Ciotti a souhaité, sur Twitter, que l’Europe soutienne la Pologne « lorsqu’elle construit un mur pour protéger nos frontières extérieures de l’invasion migratoire ». Jordan Bardella, le président par intérim du Rassemblement national, a lui aussi appelé la France, sur RTL, à « accompagner la construction d’un mur qui protège, car ce que subit la Pologne aujourd’hui s’appelle une invasion ».

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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