Dani Karavan, artiste israélien aux sculptures monumentales, est mort

Dani Karavan en 2013, en Allemagne.

Monumentales et néanmoins respectueuses de la nature, acclimatées au désert de Beersheba en Israël ou à une forêt de Nara au Japon, les œuvres de l’artiste israélien Dani Karavan sont installées aux confins du monde comme si elles avaient toujours été là. On reconnaît sa géométrie singulière au cœur de Berlin, près de la porte de Brandebourg, où l’artiste a conçu le monument rappelant le massacre par les nazis de 500 000 Tziganes. En France aussi, l’homme à l’œil pétillant avait imaginé sur près de trente ans, de 1980 à 2008, l’Axe majeur, une promenade urbaine de plus de 3 kilomètres en douze stations rouge vif devenue l’emblème de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise).

Passé maître de l’art dans l’espace public, Dani Karavan a su concilier monumentalité et échelle humaine. Son œuvre n’avait pas besoin d’être comprise pour être aimée. Aussi ascétiques fussent-elles, ses sculptures avaient le pouvoir d’attirer l’amateur comme le badaud, sans jamais s’imposer. Dani Karavan est mort à Tel-Aviv le 29 mai, à 90 ans, au terme d’une carrière prolifique, couronnée en 1998 par le prestigieux Praemium Imperiale, sorte de prix Nobel de l’art décerné par le Japon aux plus éminents plasticiens du monde entier.

Lire aussi (archive de 2008) : L’artiste israélien de la mémoire allemande

« Sa vie est l’exemple même de l’équilibre préconisé par Giacometti, un pied dans le passé et un pied dans l’avenir », souligne sa galeriste, Véronique Jaeger, qui salue « l’énergie, le dynamisme et la ténacité qui l’ont caractérisé jusqu’au dernier souffle ».

Né le 7 décembre 1930, à Tel-Aviv, d’un couple de Polonais qui avait migré en Israël une dizaine d’années plus tôt, Dani Karavan a peut-être hérité sa vocation de son père, un architecte-paysagiste et pionnier de l’Etat hébreu, responsable de l’aménagement de Tel-Aviv, une ville marquée par l’esprit du Bauhaus. Jeune sabra, il étudie la peinture dans sa ville natale puis à l’école des beaux-arts Bezalel de Jérusalem, avant d’installer son atelier au kibboutz Harel, dont il est un des fondateurs en 1948.

Humaniste proche de la gauche israélienne

En 1956, il part pour Florence étudier pendant un an les fresques, poursuit sa formation à l’académie de la Grande Chaumière, à Paris, avant d’aller réaliser un décor pour une chorégraphie de Martha Graham à New York. De retour à Tel-Aviv, il participe à la fondation de la compagnie de danse Batsheva, et se fait surtout remarquer par le bas-relief qui orne la Knesset, l’assemblée nationale israélienne, achevé en 1966. En 1968, il reçoit la commande d’un monument dans le désert, commémorant la mémoire des membres de la brigade du Neguev tombés pendant la guerre de 1948. Son but, tel que rapporté par le Jerusalem Post : « Créer un lieu où chacun aimera venir pour le plaisir de la découverte et, pour qu’à travers le paysage et l’introspection qu’il suscite, il ressente une expérience. Je veux que des enfants viennent ici jouer et que la mémoire se mêle à la vie. »

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via LeMonde

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