« Dans le port de Los Angeles, y a des marins qui patientent »

Des porte-conteneurs en attente, au large de Los Angeles, le 1er octobre 2021.

Pertes et profits. Les images satellites sont saisissantes. En temps normal, quand la ruche fonctionne bien, les cargos se pressent en rangs serrés vers l’entrée des ports contigus de Los Angeles (LA) et de Long Beach, débarquant leurs marchandises et repartant aussi vite. Mais, cette fois, près d’une centaine d’entre eux sont ancrés dans la baie de San Pedro. « Dans le port de LA, y a des marins qui patientent et patientent encore », aurait chanté Brel. Parfois des semaines. C’est le plus grand embouteillage de la planète, avec des conséquences macroéconomiques considérables. Ces deux seuls ports représentent 40 % du total des importations américaines.

Dans les boîtes métalliques qui poireautent au soleil, des canapés, des bicyclettes, des jouets, des baskets, des télévisions… Tout ce quotidien produit en Chine, au Vietnam, en Corée du Sud ou à Taïwan, à destination des consommateurs américains. Résultat, une tension sur les prix, qui accélère encore l’envolée de l’inflation aux Etats-Unis.

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Mercredi 13 octobre, le président américain, Joe Biden, a sonné le tocsin. Il a annoncé l’engagement des grands distributeurs et transporteurs du pays à travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, pour tenter de résorber le caillot qui est en train de congestionner l’économie américaine. Mais ce ne sera pas facile, préviennent les experts. Car c’est toute la chaîne qui est grippée.

Premier maillon, les ports, ceux d’expédition, en Asie, travaillent depuis longtemps sans interruption, alors que, jusqu’à présent, ce n’était pas le cas des ports d’arrivée. En conséquence, les infrastructures américaines sont bien moins efficaces que leurs homologues de Singapour, Shanghaï ou Busan. Fatalement, cela crée des blocages.

Mouvement de relocalisation

Deuxième maillon, les entrepôts. Ils sont pleins à craquer et même en débarquant plus de conteneurs, on ne saurait où les mettre. Pourquoi ? Parce que le troisième maillon, celui du transport, ne fonctionne pas bien. L’Amérique manque de chauffeurs de poids lourds. C’est le point crucial, le même que celui qui est en train de bloquer tout le Royaume-Uni. On s’aperçoit, d’un coup, qu’il n’est pas facile de trouver des gens pour travailler loin de chez eux avec des horaires à rallonge pour un salaire modeste.

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Enfin, dernier maillon, la consommation est repartie tellement fort qu’elle a gonflé les commandes, et donc la demande de trains et de camions pour livrer tout cela. La mobilisation actuelle ne résoudra pas le problème avant les fêtes de fin d’année, qui commencent fin novembre aux Etats-Unis, avec Thanksgiving.

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via LeMonde

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