Dans sa « guerre » contre les gangs, le Salvador annonce près de 42 000 arrestations en trois mois


Des policiers lourdement armés dans les rues du centre-ville de San Salvador, le 27 mars 2022.

Déclarée depuis trois mois, la guerre contre les « maras » – les bandes criminelles qui sévissent au Salvador – affiche un bilan spectaculaire. « D’après le dernier comptage effectué jeudi matin, il y a eu 41 846 personnes arrêtées » dans le cadre de cette vaste offensive lancée fin mars par le président Nayib Bukele, a annoncé, jeudi 16 juin, le procureur général Rodolfo Delgado.

Quelque 33 258 sont « détenus à titre provisoire » pour six mois sur instruction de la justice, tandis que 8 588 autres attendent une première comparution, et que 456 ont été relâchés car « ils n’étaient pas liés aux gangs », a-t-il précisé. A l’issue de la première période de détention provisoire de six mois, le parquet a la possibilité de la prolonger pour six mois supplémentaires, a ajouté M. Delgado.

Les tatouages sur le corps, utilisés par les membres pour s’identifier à leur « mara », ainsi que des saisies de drogue, figurent parmi les « preuves » retenues contre les suspects, a précisé le procureur général.

Des prisons déjà surpeuplées

Plus d’un millier de véhicules, présumés avoir été achetés avec de l’argent sale issu notamment du racket, ont été saisis ainsi que 821 armes à feu, 8 994 téléphones portables et 1,5 million de dollars (1,42 million d’euros) en liquide, selon le dernier bilan établi par le ministère de la justice.

Les « maras », dont les deux principales sont Mara Salvatrucha (MS-13) et Barrio 18, compteraient environ 70 000 membres, mais Nayib Bukele est déterminé à faire sortir le Salvador du palmarès des pays au taux de criminalité le plus élevé, hors zones de conflit.

Après une vague de 87 assassinats fin mars, le président salvadorien a décrété l’Etat d’exception permettant à la police et l’armée, déployées en nombre, d’arrêter et d’incarcérer des « mareros » présumés venus rejoindre dans les prisons surpeuplées les 16 000 déjà détenus.

En dépit de critiques sur des violations de droits de l’homme, la lutte contre la criminalité vaut au jeune président âgé de 40 ans, friand des réseaux sociaux, une popularité record dans le pays.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess