Deb Haaland, première Amérindienne à accéder à une fonction ministérielle à Washington

Deb Haaland avait déjà marqué l’histoire en devenant, en 2018, l’une des deux premières femmes amérindiennes élues au Congrès.

C’est une nomination pour l’histoire, à double titre. Deb Haaland a reçu lundi 15 mars le feu vert du Sénat américain pour entrer au cabinet de Joe Biden. Avant elle, aucun Amérindien, a fortiori une femme, n’avait accédé à une fonction ministérielle à Washinhton.

A 60 ans, elle a été confirmée, par 51 voix contre 40, au poste de ministre de l’intérieur. Elle va diriger une administration compétente dans la délivrance des permis d’exploiter les ressources naturelles du sous-sol (minerais, pétrole et gaz naturel) et de la gestion des terres publiques (environ un cinquième de la surface du pays) tels que les parcs nationaux. A ce poste, elle est la huitième personne dans l’ordre de succession présidentielle des Etats-Unis.

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Nouveau chapitre pour le Bureau des affaires indiennes

Son ministère contrôle les agences telles que l’institut d’études géologiques des Etats-Unis et le Bureau des affaires indiennes (BIA). Cette administration gère les relations avec les 574 tribus reconnues par le gouvernement fédéral qui représentent 1,9 million d’Amérindiens et autochtones d’Alaska. Cette nomination ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire de l’agence qui a autrefois cherché à faire disparaître l’identité culturelle des Amérindiens qui ont été chassés des réserves pour ouvrir de vastes régions du pays aux colons.

Deb Haaland appartient à la tribu Laguna Pueblo du Nouveau-Mexique et ses ancêtres sont connus sur trente-cinq générations, rapporte la presse américaine. Elle avait déjà marqué l’histoire en devenant, lors des élections mi-mandat, en 2018, l’une des deux premières femmes amérindiennes élues au Congrès.

Mère célibataire, elle a vaincu l’alcoolisme dans sa jeunesse et a dû un temps recourir à des bons d’alimentation du gouvernement pour subsister. Au lendemain de l’annonce de sa nomination par Joe Biden, le 17 décembre 2020, elle écrivait sur Twitter :

« Une voix comme la mienne n’a jamais été présente dans un cabinet ou à la tête du ministère de l’intérieur. Grandir dans le foyer pueblo de ma mère m’a rendu féroce. Je serai féroce pour nous tous, pour notre planète et pour protéger toutes nos terres. Je suis honorée et prête à servir. »

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« Reflet de la richesse et la diversité de ce pays »

« La confirmation de Mme Haaland représente un pas de géant vers la composition d’un gouvernement qui reflète toute la richesse et la diversité de ce pays car les Amérindiens ont été bien trop longtemps négligés », a déclaré le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, avant le vote. « En plaçant Mme Haaland à la tête du ministère de l’intérieur, nous remettons les compteurs à zéro dans la relation entre le gouvernement fédéral et les nations autochtones pour retrouver la coopération, le respect mutuel et la confiance », a-t-il ajouté.

Sa candidature avait été soutenue par une pétition de quelque 120 représentants tribaux exhortant Joe Biden à « marquer l’histoire » en la choisissant. « Je pense qu’il est temps que notre monde pas seulement notre pays, mais le monde entier commence à écouter les peuples autochtones quand il s’agit de changement climatique et d’environnement », avait lancé l’élue au moment où son nom commençait à circuler pour ce poste.

Progressiste, favorable au « green new deal »

Progressiste – elle a soutenu Elizabeth Warren pendant les primaires démocrates –, elle a pris position pour le « green new deal » et contre le pétrole de schiste et la fracturation hydraulique, le « fracking ».

La place des énergies fossiles a été au cœur des deux jours d’audition en vue de sa confirmation. Mme Haaland a été questionnée par des sénateurs républicains comme Bill Cassidy (Louisiane), John Barrasso (Wyoming), John Hoeven (Dakota du Nord), Steve Daines (Montana) venant d’Etats dont l’économie dépend de la production de pétrole, de gaz et de charbon, souvent sur les terres fédérales dont elle aura désormais la charge.

Pour gagner quatre voix chez les républicains, elle a été contrainte d’assouplir son opposition à la production de combustibles fossiles, en déclarant que les responsabilités du secrétaire à l’intérieur sont différentes de celles d’un membre de la Chambre des représentants.

Avant Deb Haaland, seul un autre Amérindien a été membre d’un gouvernement aux Etats-Unis : Charles Curtis, vice-président d’Herbert Hoover, entre 1929 et 1933, aimait à rappeler qu’il était… « un huitième indien Kaw et 100 % républicain ».

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via LeMonde

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