Défense : priorité aux « forces morales » et à un « solfège différent » pour l’industrie de l’armement


Emmanuel Macron préside le défilé de la fête nationale sur les Champs-Elysées, à Paris, le 14 juillet 2022.

La fête nationale du 14 juillet et la traditionnelle réception donnée par le ministre des armées, le 13 juillet au soir, en présence des blessés de guerre, sont toujours l’occasion pour le chef de l’Etat de préciser sa feuille de route en matière de défense. Avec la guerre en Ukraine, ses prises de parole étaient particulièrement attendues. Lors de ces deux interventions, l’une sous forme de discours réservés aux milieux militaires, l’autre sous le format d’un entretien accordé aux chaînes TF1 et France 2 à l’issue du défilé, Emmanuel Macron a particulièrement insisté sur le développement des « forces morales » et un réarmement de la France.

La principale annonce de ces deux jours est le lancement de travaux pour parvenir à présenter une nouvelle loi de programmation militaire. Ces travaux « devront être achevés à la fin de cette année », puis « discutés avec le Parlement » début 2023, a annoncé M. Macron le 13 juillet. « Alors que les conflictualités s’intensifient, il nous faut aujourd’hui réévaluer nos ambitions (…). Notre ambition opérationnelle pour 2030 doit être revue pour mieux assurer notre capacité à faire face à la perspective du retour possible d’un affrontement de haute intensité », a-t-il détaillé.

Cette annonce est venue préciser l’intention qu’il avait commencé à formuler, mi-juin, lors du salon de l’armement Eurosatory, à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Le chef de l’Etat avait alors indiqué vouloir une « réévaluation » de l’actuelle loi de programmation militaire, prévue pour 2019-2025. La future loi pourrait donc venir plus vite que prévu prendre le relais de cette dernière, qui sert de direction pour le budget des armées.

Remontée des stocks de munitions

L’actuelle loi de programmation militaire a déjà amorcé une nette remontée en puissance des crédits annuels consacrés à la défense. Alors que les armées disposaient d’un budget de 35,9 milliards d’euros en 2019, celui-ci devrait atteindre 44 milliards en 2023 et 50 milliards en 2025. Mais, à en croire M. Macron, la future loi pourrait aller encore plus loin. « Le budget des armées ne va pas diminuer dans les prochaines années, au contraire », a-t-il affirmé à la télévision, alors que des arbitrages serrés sont en cours, notamment en raison de l’inflation, sur le budget des armées pour 2023.

Au-delà de ces ambitions budgétaires, le 13 juillet le chef de l’Etat a par ailleurs appelé à un « solfège différent » sur les processus industriels qui sous-tendent les programmes d’armement, rejoignant des réflexions en cours depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine au sein de la direction générale de l’armement. Ces programmes ont aujourd’hui des normes très contraignantes et sont adossés à une poignée de grands groupes aux organigrammes labyrinthiques (Airbus, Thalès, Safran, Dassault, Naval Group, etc.), en même temps qu’à une myriade de petites et moyennes entreprises limitées dans leurs capacités de montée en puissance. « Nous devons structurer une économie française et européenne dans laquelle les modèles, les rythmes, les standards doivent être envisagés selon, si je puis dire, un solfège différent », a ainsi plaidé M. Macron.

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via LeMonde

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