Des parlementaires accusent le gouvernement français d’avoir bloqué leur visite des camps abritant femmes et enfants de l’EI en Syrie

Dans le camp de détention d’Al-Hol, dans le Kurdistan syrien, le 3 mars.

Ils ont pu aller jusqu’à la frontière syrienne, mais pas dans le camp de Roj où les femmes djihadistes françaises et leurs enfants sont prisonniers de l’administration kurde autonome du Rojava. De retour mercredi 3 mars d’un voyage de quatre jours dans le nord de l’Irak, quatre parlementaires français accompagnés d’une délégation d’Avocats sans frontières et de représentants du bâtonnier de Paris ont accusé le gouvernement français d’avoir empêché leur visite dans les camps de prisonniers étrangers de l’organisation Etat islamique (EI).

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Après avoir patienté deux jours au poste-frontière entre le Kurdistan irakien et le Kurdistan syrien, les parlementaires français ont été reçus par Abdulkarim Omar, le cosecrétaire aux relations internationales du Rojava, l’entité kurde de Syrie. « Il nous a dit : “Nous avons des relations trop importantes avec la France pour nous permettre de faire quelque chose que nous n’avions pas le droit de faire” », a raconté Frédérique Dumas, députée (ex-La République en marche, aujourd’hui Libertés et territoires, Hauts-de-Seine). « Nous avons compris dans nos discussions qu’il y avait une pression des autorités françaises pour qu’on n’aille pas dans les camps », a renchéri Hubert Julien-Laferrière (ex-Ecologie Démocratie Solidarité, Rhône).

L’argument officiel avancé pour s’opposer aux visites était celui de la sécurité. Pourtant, des délégations d’élus belges, finlandais, allemands, autrichiens et de Catalogne (Espagne) ont pu se rendre dans les camps de détention du Kurdistan syrien ces derniers mois. Sollicité à l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement a renvoyé vers le ministère des affaires étrangères, qui n’a pas réagi.

« Absence de transparence »

Sur ce dossier, le seul décideur est en fait Emmanuel Macron, qui a choisi en 2019, à la suite d’un sondage très hostile au rapatriement des familles de djihadistes de l’EI, de mener une politique de « cas par cas » avec des rapatriements au compte-gouttes (35 enfants en deux ans) et en séparant les mères de leurs enfants. Surtout, l’Eysée ne souhaite pas rouvrir le débat autour de la question du rapatriement à quelques mois du début de la campagne présidentielle. « Sur ce sujet, le président de la République et le gouvernement doivent arrêter les mensonges et l’absence de transparence », s’est insurgée Mme Dumas.

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Les quatre parlementaires français ont insisté sur deux points fondamentaux : la nécessité pour la France de faire cesser les conditions de détention inhumaines d’enfants en bas âge (les deux tiers d’entre eux ont moins de 6 ans), mais aussi la nécessité sécuritaire et morale de juger les femmes djihadistes françaises parties en Syrie.

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via LeMonde

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