Des responsables français en retrait face au dissident hongkongais Nathan Law


Nathan Law, militant hongkongais en exil, à Paris, le 21 juin 2022.

Pas facile, pour un dissident chinois, de venir frapper aux portes des responsables politiques français plongés en pleine tourmente électorale, avec un Parlement en recomposition et un gouvernement dans les limbes. Réfugié politique, l’ancien député de Hongkong et militant de la démocratie Nathan Law, en visite à Paris pour la première fois cette semaine – où Le Monde l’a rencontré mardi 21 juin –, vient d’en faire l’expérience, même s’il ne met pas toutes les difficultés sur le compte du contexte politique compliqué pour la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron.

Ancien leader étudiant du « mouvement des parapluies » prodémocratie, en 2014, à Hongkong, fondateur du parti d’opposition Demosisto (dissous) et élu au conseil législatif du territoire, en 2016, avant d’en être destitué pour avoir dénoncé la mainmise de Pékin, lors de sa prestation de serment, Nathan Law vit à Londres. Condamné, en 2017, pour ses activités politiques étudiantes, menacé désormais de dizaines d’années d’emprisonnement par la nouvelle loi sur la sécurité nationale de 2020 à Hongkong, qui donne à la Chine tous les moyens de réprimer la protestation, le jeune militant de 28 ans a coupé toutes relations avec ses proches.

Au cours de ce déplacement annoncé depuis plus d’un mois, M. Law a pu décrocher un rendez-vous avec l’ancien président François Hollande. Un autre avec l’ambassadrice pour les droits de l’homme, Delphine Borione, vers qui le cabinet de Catherine Colonna, aux affaires étrangères, l’a renvoyé. Il a échangé avec Jack Lang, Roselyne Bachelot, Bernard-Henri Lévy, Arnaud Montebourg, connu pour ses réseaux économiques avec l’Asie. Mais il n’a réussi à voir ni conseiller de l’Elysée ni ministre. Pas plus que la maire de Paris, Anne Hidalgo, que son entourage avait sollicitée, ou le président de l’Assemblée nationale, battu aux législatives, Richard Ferrand.

« J’ai senti qu’ils étaient plutôt réticents »

Pour le militant, qui avait été reçu par le président américain Joe Biden au sommet pour la démocratie, en décembre 2021, et qui a rencontré la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, à plusieurs reprises, les hésitations françaises « sont exactement ce que nous devons combattre. Il y a tant de stigmatisations, d’attaques, de propagande autour du mouvement de protestation de Hongkong et des activistes. Dans un monde démocratique, nous devrions soutenir les mêmes valeurs, de sorte que le Parti communiste chinois ne puisse pas nous diviser. Or, c’est ce qui s’est passé. Peut-être était-ce lié au fait que tout le monde était trop occupé avec les élections. J’espère que cela changera. »

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via LeMonde

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