Des universités chinoises veulent renoncer aux classements internationaux


Dans le département de commerce de l’université de Renmin, à Pékin, en novembre 2018.

Après le découplage économique, va-t-on assister à un découplage académique ? Les universités de Nankin, de Lanzhou et surtout la prestigieuse université Renmin de Pékin ont décidé de ne plus participer aux classements internationaux de l’enseignement supérieur. C’est le site internet de la Radio nationale qui a diffusé cette information, ajoutant que « cela va devenir une tendance ».

Cette annonce intervient à la suite d’une visite très médiatisée du président Xi Jinping à l’université Renmin, le 25 avril. Il avait alors déclaré que « la Chine est un pays avec une histoire unique, une culture distincte et un contexte national particulier » et que « nous ne pouvons pas suivre aveuglément les autres ou nous contenter de copier les standards et les modèles étrangers lorsque nous construisons des universités de classe mondiale ».

A ses yeux, « pour tracer un nouveau chemin pour des universités de classe mondiale aux caractéristiques chinoises, nous devons rester fidèles au leadership du parti et à l’orientation du marxisme et servir la cause du parti et du peuple ». Dans la soirée, la télévision avait montré Xi Jinping quittant l’université sous les applaudissements d’une foule scandant : « Nous resterons fidèles au parti et serons à la hauteur de la confiance du peuple ».

Pour le moment, les observateurs occidentaux restent prudents. « On ne sait pas si ce n’est que de la propagande ou un vrai mouvement de fond qui va affecter les relations universitaires », confie un diplomate à Pékin. Toutefois, cela fait plusieurs années que Xi Jinping prépare un tel mouvement. En mai 2014, visitant l’université de Pékin, il avait déclaré : « Il n’y aura jamais de deuxième Harvard, Yale, Stanford, MIT ou Cambridge, mais il y aura toujours une première Université de Pékin, de Tsinghua, Zhejiang, Fudan et Nankin. » Le 22 septembre 2020, il avait présidé une réunion, ordonnant aux dirigeants du monde éducatif et culturel de « mettre en pratique le plan général de l’évaluation de l’éducation de la nouvelle ère », plan qui sera publié quelques jours plus tard. Toujours à l’automne 2020, l’université Renmin a créé son propre centre de recherche sur l’évaluation universitaire et a annoncé qu’elle ne collaborerait plus avec les organismes de classement internationaux à partir de 2022.

« Approche inclusive »

Interrogée par Le Monde, la société américaine Quacquarelli Symonds, qui publie un des classements les plus renommés – le QS World University Ranking –, affirme qu’elle continuera d’avoir une « approche inclusive ». « Dans les rares cas où les institutions ne sont pas directement engagées avec nous, nous nous efforçons de trouver des données fiables à partir d’autres sources dignes de confiance pour être sûrs que nos classements soient aussi complets et fiables que possible ».

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via LeMonde

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