Devant des étudiants français, Volodymyr Zelensky salue « l’énergie » de la jeunesse d’Ukraine


Des étudiants de Sciences Po Paris, pendant l’échange par vidéo avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à Paris, le 11 mai 2022.

Pour sa toute première prise de parole devant un public étudiant, mercredi 11 mai, Volodymyr Zelensky a choisi la France. A l’initiative de l’ambassade d’Ukraine en France, le chef de l’Etat a été interrogé lors d’une visioconférence par une dizaine d’étudiants de Sciences Po, Polytechnique, l’Institut national du service public (INSP, ex-ENA), l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) et des universités Paris-Panthéon-Sorbonne et Sorbonne Université. Il a tenu, en retour, à sonder une jeunesse française qu’il a qualifiée de « lumineuse », à l’heure où une autre jeunesse, ukrainienne, est partie à la guerre, « intrépide », composée de jeunes hommes « faisant de longues queues devant les commissariats militaires pour défendre leurs villes », a rappelé le président de l’Ukraine.

L’échange, qui a duré plus d’une heure, a été suivi en direct par près de 8 000 étudiants, dans de nombreux amphithéâtres partout en France et sur YouTube. Le chef de l’Etat ukrainien a salué « l’apport des étudiants français [qui] a été fondamental depuis Mai-68 : il n’y a pas d’homme politique qui ne craigne qu’un étudiant vienne lui dire qu’il est interdit d’interdire ».

Dans un langage sincère et direct, Volodymyr Zelensky a pointé les contradictions qui animent l’Europe. « Pourquoi aucune institution européenne ou globale n’a encore pu arrêter cette guerre ? C’est une question qui ne doit pas rester rhétorique, a-t-il insisté. C’est une question qui demande des réponses, c’est une question qui concerne l’Europe. »

Au sujet de la demande d’adhésion de son pays à l’Union européenne, le président a exprimé la fermeté de ses intentions en même temps que son incompréhension à l’égard des « leaders européens ». « On ne peut pas nous garder à distance, dire qu’on va nous prendre et finalement ne pas nous prendre, comme dans une réunion de famille où l’on vous aurait invité sans vous prévoir de chaise », a-t-il déclaré.

« Je suis un homme jeune, qui veut vivre »

Curieux du regard porté par des étudiants français sur les conséquences de l’agression russe envers son pays, Volodymyr Zelensky a multiplié les questions : « Comment accélérer le fonctionnement de la justice internationale ? Quelle serait une peine suffisante pour un soldat qui a violé un enfant ? Pourquoi n’y a-t-il encore aucun moyen pour punir les criminels rapidement ? Si la Russie attaquait la Lettonie par exemple, est-ce que l’OTAN irait se battre ? » Impressionnés par l’exercice, certains étudiants ont livré des réponses personnelles, comme Caroline Weill, étudiante à l’Institut national du service public (INSP) qui a partagé la position du président ukrainien, estimant que « les processus institutionnels d’adhésion à l’UE sont trop lents ». « Il faut réfléchir à une communauté politique à laquelle l’Ukraine aurait vocation à participer [en amont] de son adhésion à l’Union européenne », a-t-elle ajouté.

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via LeMonde

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