Donald Trump a « allumé la mèche » de l’assaut du Capitole, selon la commission d’enquête


Une image de Donald Trump est projetée sur un écran lors d’une audience de la commission chargée d’enquêter sur l’attaque du 6 janvier contre le Capitole américain, à Washington, le 09 juin 2022.

Un exercice de pédagogie vital pour la démocratie américaine a débuté, jeudi 9 juin, dans une salle du Congrès. Ce fut aussi un moment de télévision exceptionnel, dont la sobriété des acteurs n’a fait que renforcer l’intensité. La commission d’enquête de la Chambre des représentants a tenu une première audition publique afin de remonter le fil des événements qui ont conduit à l’assaut du 6 janvier 2021 contre le Capitole, par les partisans de Donald Trump. Cette sombre journée fut « le point culminant d’une tentative de coup d’Etat », a résumé en introduction le démocrate Bennie Thompson (Mississippi), président de la commission.

Assis sous un écran géant, les neuf membres de la commission siégeaient dans une atmosphère solennelle, devant un parterre nourri de photographes. L’audition était réglée minutieusement, menée par Bennie Thompson et la vice-présidente de la commission, la républicaine Liz Cheney (Wyoming). « Le 6 janvier et les mensonges ayant conduit à l’insurrection ont mis en danger deux siècles et demi de démocratie constitutionnelle », a dit Bennie Thomson, pour cadrer l’enjeu du moment. Mais c’est surtout Liz Cheney qui a imprimé sa marque à l’audition. Devenue une pestiférée au sein du parti républicain, honnie par Donald Trump, elle s’est engagée depuis des mois dans une croisade pour établir la vérité sur le 6 janvier, en compagnie de l’autre élu de son parti au sein de la commission, Adam Kinzinger (Illinois). Pour la fille de l’ancien vice-président Dick Cheney, il s’agit du combat décisif de sa vie politique, qui n’autorise ni faiblesse, ni demi-mesure.

Parlant d’une voix tendue, implacable, mais toujours maîtrisée, Liz Cheney a déroulé un véritable acte d’accusation contre l’ancien dirigeant. « Le président Trump a convoqué la foule, rassemblé la foule et allumé la mèche de cette attaque », a-t-elle dit. « Au cours de nombreux mois, a-t-elle poursuivi, Donald Trump a supervisé et coordonné un plan sophistiqué en sept parties pour renverser l’élection présidentielle et empêcher le transfert du pouvoir présidentiel. » La commission, dont les travaux se poursuivront jusqu’à la rentrée, est donc déjà arrivée à la conclusion que le président se trouvait en première ligne dans la « tentative de coup d’Etat ». Après le 6 janvier et l’échec du projet, ses conseillers auraient même estimé qu’il « était trop dangereux pour être laissé seul », a ajouté Liz Cheney, indiquant également que des membres du cabinet avaient alors discuté d’une possible invocation de l’article 25 de la Constitution, en vue d’une destitution du président.

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via LeMonde

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