Echange musclé entre Xi et Biden au sujet de Taïwan


 Le président chinois, Xi Jinping, en visite à Turpan, dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, le 14 juillet 2022.

L’échange s’est déroulé à l’initiative des Etats-Unis, mais ce sont les mots du président chinois qui ont marqué cet entretien de deux heures, dans la soirée du jeudi 28 juillet. « Ceux qui jouent avec le feu risquent de se brûler à mort », a averti Xi Jinping au sujet de Taïwan. Depuis quelques jours, Pékin menace de « conséquences » si la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, mène à bien un projet de visite sur l’île.

Quatre mois après leur dernière conversation vidéo, le 18 mars, la guerre en Ukraine reste un sujet de préoccupation, de même que les tensions commerciales entre les deux pays, mais la question de Taïwan est revenue sur le devant de la scène du fait de l’actualité récente. Ces dernières années, Pékin fait monter la pression, y compris militaire, sur l’île, poussant les Etats-Unis à renforcer leur soutien à Taipei.

Joe Biden a d’ailleurs souligné que la position américaine sur Taïwan n’avait « pas changé » : « Les Etats-Unis s’opposent fermement aux efforts unilatéraux pour changer le statu quo et remettre en cause la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan », a déclaré le président, selon le communiqué de la Maison Blanche. Ces dernières années, la Chine hausse le ton au sujet de Taïwan : les manœuvres de l’aviation chinoise à proximité de l’île sont de plus en plus fréquentes, et Xi Jinping a plusieurs fois assuré que la « réunification » de Taïwan avec la Chine pourrait se faire « par la force si nécessaire ».

« Question beaucoup plus dangereuse »

Xi Jinping avait déjà utilisé l’image du feu lors d’un précédent entretien avec le président américain. « Xi a employé une expression courante, mais, adressée à un président des Etats-Unis, il s’agit d’un avertissement très fort, estime Steve Tsang, directeur de l’Institut Chine à la School of Oriental and African Studies, à Londres. Ce qui est ironique, c’est que Xi devrait méditer sur ses propres propos : qui joue avec le feu sur Taïwan ? C’est une question de point de vue. »

La plupart des Etats reconnaissent officiellement la Chine communiste et non la République de Chine, nom officiel de Taïwan, les obligeant à des contorsions diplomatiques pour entretenir des relations avec l’île sans froisser Pékin, qui se récrie à chaque visite. La dernière d’un président de la Chambre américaine à Taïwan remonte à 1997. « Mais, à l’époque, les Etats-Unis disposaient d’une supériorité militaire évidente, précise le professeur Tsang. La Chine avait évidemment réagi, mais pas en des termes aussi menaçants. Xi Jinping a fait monter les enjeux et fait de Taïwan une question beaucoup plus dangereuse. »

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via LeMonde

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