Egypte : « La vie d’Alaa Abdel Fatah est en grave danger après plus de quatre-vingts jours de grève de la faim »

Tribune. Nous, élus du Conseil de Paris, tenons à exprimer notre vive préoccupation concernant le maintien en détention d’Alaa Abdel Fatah, militant politique et défenseur des droits humains, emprisonné en Égypte et en grève de la faim depuis le 2 avril 2022. Alors que le président Al-Sissi mène une politique particulièrement répressive contre ses opposants et les défenseurs des droits humains en Égypte, les ONG internationales estiment qu’environ soixante mille personnes sont aujourd’hui incarcérées dans le pays pour avoir exprimé leurs opinions.

En 2020, dans un contexte déjà particulièrement difficile, et au moment où le président Al-Sissi était accueilli pour une visite d’Etat en France, la Ville de Paris a souhaité apporter son soutien aux prisonniers politiques égyptiens en accordant la citoyenneté d’honneur, sa plus haute distinction, à Alaa Abdel Fatah, ainsi qu’à Solafa Magdy, Patrick George Zaki et Esraa Abdel Fatah, tous les quatre journalistes, opposants politiques et défenseurs des droits humains.

À travers ce titre, les membres de notre Conseil ont souhaité exprimer leur solidarité envers tous les prisonniers politiques et appeler à leur libération immédiate. Depuis, grâce à la mobilisation internationale, Solafa Magdy, Esraa Abdel Fatah et Patrick George Zaki ont été libérés. Alaa Abdel Fatah est, quant à lui, toujours incarcéré, faisant l’objet d’un acharnement des pouvoirs égyptiens depuis dix ans.

Une grève de la faim comme Gandhi

Récemment, il a même été à nouveau condamné à cinq ans de prison supplémentaires pour un message partagé sur un réseau social en 2019 concernant les violations des droits humains dans les prisons égyptiennes. Le procès s’est déroulé devant la Cour d’urgence de sûreté de l’Etat, une juridiction d’exception, qui a bafoué tous les principes d’un procès équitable, ses avocats n’ayant ni accès à son dossier ni le droit de plaider.

Afin de nous alerter sur sa situation et de demander sa libération, Alaa Abdel Fatah a entamé une grève de la faim le 2 avril. Après cinquante-six jours de grève de la faim stricte, compte tenu de son état de santé préoccupant et face à la mobilisation internationale, le gouvernement égyptien a permis son transfert dans un autre centre pénitentiaire.

Il a quitté la cellule, éclairée de jour comme de nuit, où il était isolé et dormait à même le sol, privé de visites, de lecture et d’exercice en plein air. Il a dorénavant accès à quelques livres et a décidé d’alléger sa grève de la faim, reprenant celle que Gandhi pratiquait, en absorbant jusqu’à cent calories par jour sous forme liquide.

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via LeMonde

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