Election présidentielle au Bénin : huit opposants définitivement écartés

Le président béninois Patrice Talon est candidat à sa réélection. Ici, à Abidjan, en avril 2017.

Huit opposants béninois, dont les dossiers de candidature à l’élection présidentielle d’avril au Bénin avaient été rejetés par la Commission électorale nationale autonome, ont été définitivement écartés du scrutin par la Cour constitutionnelle, a-t-on appris lundi 22 février de cette institution judiciaire.

Ce petit pays ouest-africain, longtemps vu comme un modèle de démocratie mais qui a récemment pris un virage autoritaire, s’apprête à vivre le 11 avril un scrutin inédit, auquel les grandes figures de l’opposition ne participeront pas.

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Certaines se trouvent en exil ou condamnées à des peines d’inéligibilité. D’autres ont vu leur candidature recalée par la commission électorale, car ne disposant pas d’un nombre suffisant de parrainages.

La nouvelle loi électorale impose au candidat à l’élection présidentielle d’être parrainé par au moins 16 députés ou maires. Or, seuls 6 de ces 159 élus appartiennent à un parti d’opposition.

Une « fraude au sommet de l’Etat »

Huit opposants recalés par la Commission électorale avaient déposé un recours devant la Cour constitutionnelle, mais celle-ci les a tous déboutés, selon les décisions publiées sur le site internet de la Cour. Parmi eux, Rekiath Madougou, candidate du parti Les Démocrates, dont le président d’honneur est l’ancien président Thomas Boni Yayi, dénonce une « fraude au sommet de l’Etat ».

Selon elle, sa candidature disposait de 21 parrainages, mais elle accuse les partis de ces élus, en charge de déposer les parrainages à la Commission, de ne pas les avoir transmis.

Le député Ahmed Affo Tidjani, du parti Union progressiste (majorité présidentielle) a affirmé à la presse avoir voulu donner son parrainage à Mme Madougou, mais en avoir été empêché par son parti.

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La tension autour du scrutin semble avoir encore monté d’un cran : trois responsables du parti Les Démocrates ont été convoqués vendredi et lundi par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Ils sont accusés d’avoir perçu de l’argent pour « recruter des jeunes aux fins de saboter le processus électoral », selon leur parti qui dénonce « un complot ».

Le 11 avril, les 5,5 millions d’électeurs béninois auront le choix entre trois candidatures : celle du président sortant Patrice Talon, qui a recueilli 118 parrainages sur les 159 possibles, et celle de deux opposants quasi inconnus du grand public. Il s’agit de l’ancien ministre Alassane Soumanou du parti d’opposition Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE) et d’une figure dissidente parmi les opposants, Corentin Kohoué.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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