Election présidentielle au Kenya : un « débat » avec un seul candidat


William Ruto, vice-président sortant et candidat à l’élection présidentielle au Kenya, lors du « débat » télévisé, à Nairobi, le 26 juillet 2022.

Deux pupitres, un candidat : le « débat » prévu entre les deux principaux candidats à l’élection présidentielle du 9 août au Kenya s’est transformé en interview, mardi 26 juillet, deux jours après que l’un d’entre eux a annoncé qu’il boycotterait ce traditionnel rendez-vous pré-électoral.

Raila Odinga, figure historique de la politique kényane soutenu par le président sortant, Uhuru Kenyatta, a annoncé dimanche qu’il ne participerait pas au débat, accusant son rival, le vice-président William Ruto, de vouloir éluder certains thèmes, comme la corruption. Odinga, 77 ans, a fait de la lutte contre celle-ci un de ses principaux thèmes de campagne face à un Ruto à la réputation sulfureuse et qui fait l’objet d’accusations de corruption dans une affaire en cours depuis l’an dernier.

Les organisateurs du débat avaient toutefois annoncé que le rendez-vous – qui précède chaque élection depuis 2013 – était maintenu selon les règles prévues, c’est-à-dire en abordant de nombreux thèmes et sans faire préalablement part des questions aux candidats, espérant convaincre Odinga de changer d’avis.

« Ce n’est pas le vrai candidat »

Mais mardi soir, William Ruto était seul sur la scène de l’auditorium de l’Université catholique d’Afrique de l’Est, un pupitre vide à ses côtés, pour répondre aux questions de deux journalistes sur les sujets du pouvoir d’achat, de la dette, de la sécurité, de la gouvernance, de l’éthique… Le vice-président a déclaré : « Mon concurrent n’est pas là parce qu’il n’a pas de plan », puis il a renouvelé ses attaques contre Odinga, présenté comme une marionnette du président Kenyatta dans le cadre d’une alliance des « dynasties » de la politique kényane.

« Mon concurrent n’est pas là car il ne veut pas répondre à des questions difficiles […] En fait, mon concurrent n’a pas pu venir ici car ce n’est pas le vrai candidat […] Ce sont des prétextes, il esquive les questions difficiles », a-t-il poursuivi. Interrogé sur les accusations de corruption et d’appropriation de terres par la force portées contre lui, il a juré : « Tout terrain que je possède est légalement acquis. » « Je propose dans mon manifeste de traiter fermement, clairement, institutionnellement de la lutte contre la corruption », a-t-il ajouté.

Si quatre candidats sont en lice, l’élection présidentielle du 9 août s’annonce comme un duel entre l’opposant historique de la politique kényane, Raila Odinga, et le vice-président sortant, William Ruto.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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