Election présidentielle au Kenya : William Ruto, candidat autoproclamé des « débrouillards »


Le vice-président kényan, William Ruto, s’adresse à la foule depuis une voiture lors d’un meeting à Thika, le 3 août 2022.

Tout au long d’une campagne menée tambour battant, William Ruto s’est présenté comme un self-made-man à la destinée exceptionnelle : celle d’un fils de paysan des hauts plateaux de la vallée du Rift qui a irrésistiblement gravi les échelons d’un pouvoir kényan largement dominé par les grandes dynasties politiques. Autrement dit, un autodidacte en passe d’achever sa longue ascension au sommet de l’Etat.

La dernière marche de l’épopée, l’accession à la State House, se présente à lui mardi 9 août. Le sulfureux vice-président de 55 ans est au coude-à-coude avec son rival, Raila Odinga, dans les sondages. Un duel qu’il espère emporter en se présentant comme le candidat des gens « ordinaires », embourbés dans une crise économique marquée par l’inflation et exaspérés par la corruption. Quitte à faire oublier qu’il est le bras droit du président depuis neuf ans.

Pour renverser l’aristocratie politique, incarnée par l’actuel chef de l’Etat, Uhuru Kenyatta, et Raila Odinga, tous deux héritiers des hommes forts du Kenya post-indépendance en 1963, William Ruto est parti à l’assaut des voix de ceux qu’il appelle les « débrouillards », ceux qui parviennent difficilement à boucler les fins de mois grâce à des petits boulots quotidiens. Il se surnomme lui-même « the hustler-in-chief » (le chef des débrouillards). Pour l’illustrer, sa coalition, Kenya Kwanza (le Kenya d’abord), a adopté une brouette comme image de campagne. Et sa mesure phare consiste à créer un fonds d’aide aux travailleurs précaires.

Homme aux origines modestes qui a grandi dans le comté d’Uasin Gishu (ouest), William Ruto aime alimenter sa légende d’homme du peuple. Il aurait acheté sa première paire de chaussures à 15 ans. Avant cela, il vendait des cacahuètes et des poulets, pieds nus, sur le bord des routes de cette région réputée pour être la patrie des coureurs de fond.

De nombreuses casseroles

Débrouillard, William Ruto l’a certes été pendant son adolescence, avant d’être repéré par le président Daniel arap Moi (1978-2002), qui l’a propulsé au cœur du pouvoir. Membre de la communauté kalenjin comme lui, le jeune Ruto dirige d’abord l’association chrétienne de l’Université de Nairobi, en 1992, puis est très vite nommé trésorier de la ligue des jeunes de la Kenya African National Union (KANU, le parti alors au pouvoir) et fait ses preuves sur le terrain.

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via LeMonde

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