Elections allemandes, J – 25 : le spectre « rot-rot-grün »

Affiches de campagne d’Olaf Scholz (SPD), Annalena Baerbock (les Verts) et du parti politique satirique Die Partei, à Potsdam, le 31 août 2021.

A l’approche des élections législatives allemandes du 26 septembre, Le Monde tient le carnet de bord de la campagne. Un point quotidien, avec les faits de campagne, les images, les sondages, les clips, les slogans, les chiffres et les mots-clés qui permettent de suivre et de vivre cette compétition électorale à l’issue de laquelle Angela Merkel quittera le pouvoir, après seize années à la chancellerie.

  • Le fait du jour

Olaf Scholz chancelier, c’est le risque de voir le parti de la gauche radicale Die Linke au gouvernement : tel est l’argument martelé par la démocratie chrétienne (CDU-CSU) pour dissuader les électeurs de voter pour les sociaux-démocrates (SPD) le 26 septembre.

« Olaf Scholz veut devenir chancelier avec le soutien des communistes de Die Linke », s’est notamment inquiété Alexander Dobrindt, le chef de file des députés CSU au Bundestag, dont les propos ont été diffusés sur Twitter avec un visuel de circonstance.

D’autres responsables conservateurs ont agité la même menace, certains allant jusqu’à évoquer le « chaos » dans lequel Olaf Scholz plongerait l’Allemagne s’il formait une coalition dite « rot-rot-grün », c’est-à-dire une alliance entre le SPD (crédité de 22 %-25 %), les Verts (18 %-20 %) et Die Linke (6 %-8 %)

Au vu du pedigree politique d’Olaf Scholz, une telle hypothèse peut faire sourire : le candidat du SPD a toujours appartenu à l’aile la plus modérée de la social-démocratie allemande, tendance Helmut Schmidt-Gerhard Schröder, beaucoup plus que Willy Brandt. Et c’est parce qu’il a souhaité poursuivre la politique d’orthodoxie budgétaire de son prédécesseur Wolfgang Schäuble (CDU) à son arrivée au ministère des finances, en mars 2018, que l’aile gauche du SPD a fait barrage contre lui pour l’empêcher de se faire élire à la tête du parti, en décembre 2019.

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Seulement voilà : même s’il a fortement critiqué les positions de Die Linke, notamment sur l’Europe et son opposition à l’OTAN ou à l’engagement de la Bundeswehr en Afghanistan, Olaf Scholz a jusqu’à présent refusé d’exclure par principe toute coalition avec Die Linke, le parti né en 2007 de la fusion du PDS, héritier du SED au pouvoir dans la RDA communiste, et d’anciens membres du SPD en rupture avec la politique de l’ex-chancelier Gerhard Schröder, jugée trop libérale.

En chute libre dans les sondages à cause de l’impopularité de son candidat Armin Laschet, la CDU-CSU espère tirer profit de ce manque de clarté d’Olaf Scholz pour remobiliser sa propre base électorale, et en particulier sa frange centriste, qui se montre aujourd’hui tentée de voter SPD, précisément à cause du profil très modéré de son candidat.

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via LeMonde

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