Elections de mi-mandat en Argentine : la coalition au pouvoir perd du terrain au Parlement

Le président argentin Alberto Fernandez au QG de campagne de son parti Frente de todos, le 14 novembre 2021.

L’élection législative du dimanche 14 novembre a confirmé, dans les grandes lignes, la tendance annoncée par les primaires ouvertes du 12 septembre : le parti Frente de todos (« Front de tous ») du président péroniste Alberto Fernandez est devancé par l’opposition de centre droit dans la majorité des provinces, selon les projections, sur la base de 98 % des votes décomptés.

Alors que sa coalition de centre gauche cherchait initialement à avancer à la chambre basse du Parlement – où elle ne disposait pas de la majorité – et à conserver sa majorité au Sénat, l’élection marque un recul au sein des deux assemblées, et surtout, une perte du contrôle du Sénat. Les électeurs étaient appelés à renouveler 127 des 257 députés, et 24 des 72 sénateurs.

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« En cette nouvelle étape, nous devons donner la priorité aux accords nationaux », a réagi le président Alberto Fernandez, dans une allocution enregistrée, diffusée dimanche dans la soirée, appelant au « dialogue constructif » et à une relation « fructueuse » entre pouvoir exécutif et parlementaire.

« Des millions d’Argentins dans tout le pays ont dit “basta” », s’est félicitée de son côté Maria Eugenia Vidal, membre de l’opposition Juntos por el Cambio (« Ensemble pour le changement »), élue députée, arrivée largement en tête dans la ville de Buenos Aires.

Sanction électorale

Une première moitié de mandat marquée par la pandémie et un confinement à rallonge dans la capitale et sa région, en 2020, ainsi qu’une économie moribonde ont planté le décor de cette sanction électorale, à deux ans du scrutin présidentiel d’octobre 2023.

En octobre, l’inflation s’élevait à 41,8 %, bien au-delà de l’objectif annuel de 29 % fixé par le gouvernement. La pauvreté concerne 40,6 % de la population, selon les dernières données de l’institut statistique argentin (Indec). La reprise de l’économie, avec 7,5 % de croissance prévue cette année selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc), reste relative après la chute de près de 10 % du produit intérieur brut (PIB) en 2020.

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« C’est une mauvaise élection pour la coalition au pouvoir, la perte de la majorité propre au Sénat est inédite pour les péronistes depuis le retour à la démocratie en 1983. Ils se trouvent dans une situation d’affaiblissement et de vieillissement, sans définition de leur leadership », analyse Federico Zapata, politiste et directeur du cabinet de conseil Escenarios.

Dans la foulée de la déroute des élections primaires – sorte de répétition générale – les fissures traversant la coalition au pouvoir étaient apparues avec force, générant une crise politique et un remaniement ministériel partiel, réclamé par la vice-présidente et ex-chef d’Etat (2007-2015), Cristina Fernandez de Kirchner.

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via LeMonde

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