Emmanuel Macron aux soldats français en Roumanie : « L’Europe de la défense se construit ici »


Emmanuel Macron arrive avec la ministre des affaires étrangères, Catherine Colonna, sur la base militaire de l’OTAN Mihail-Kogalniceanu, en Roumanie, le 14 juin 2022.

La relève se prépare. Des militaires français inspectent l’intérieur de blindés AMX-10 RC de retour d’exercice. Les Belges briquent leurs fusils d’assaut FN Skar. Les premiers, issus notamment du 27e bataillon des chasseurs alpins d’Annecy, s’apprêtent à céder la place dans quelques jours à leurs collègues parachutistes du 8e régiment d’infanterie de marine de Castres. Les seconds vont être remplacés par des Néerlandais. C’est dans cet entre-deux qu’Emmanuel Macron a rendu visite pour la première fois, mardi 14 juin, au contingent français déployé au sud-est de la Roumanie depuis le début de la guerre en Ukraine.

Cinq cents hommes et leur matériel ont ainsi été transportés par Antonov, à raison de 28 rotations en deux semaines, afin – dans le cadre de la mission internationale « Aigle », pour laquelle la France a été désignée nation cadre sous commandement de l’OTAN – de renforcer le flanc Est de l’Europe face à la menace russe. Une bonne partie de ces troupes est installée sur la base de l’OTAN de Mihail-Kogalniceanu, près du port roumain de Constanta, sur les bords de la mer Noire, une autre construit les fondations d’une seconde base à Cincu, en Transylvanie, pour des entraînements plus à l’intérieur des terres avec les forces roumaines.

A son arrivée en fin de journée, le chef de l’Etat visite un hangar, serre des mains. Il se fait expliquer le système de défense sol-air de moyenne portée MAMBA, capable de transporter huit missiles, arrivé depuis moins d’un mois. « Le moral est bon ? », répète Emmanuel Macron. « Et l’interopérabilité [entre militaires français et belges], ça marche ? », s’enquiert-il, avant d’adresser quelques mots à l’ensemble des soldats présents. « C’est une fierté de la France d’être là, sur ce sol roumain aux avant-postes orientaux de l’Europe au moment où la guerre revient sur le continent, souligne Emmanuel Macron. Ce que nous sommes en train de bâtir avec la Belgique est inédit. L’Europe de la défense se construit ici, dans ce partenariat et cette intimité. »

Emmanuel Macron se fait expliquer les différents types d’armes à disposition des militaires français et belges sur la base militaire de l’OTAN Mihail-Kogalniceanu, en Roumanie, le 14 juin 2022.

« Nous ferons tout pour stopper l’effort de guerre russe, aider les Ukrainiens et leur armée et continuer la négociation, poursuit-il. Mais de manière durable, nous aurons besoin de nous protéger, de dissuader et d’être présents. Vous avez, à cet égard, été des pionniers de ces déploiements. » Il conclut ainsi hâtivement un discours qui n’aura pas duré plus de huit minutes – « Ah, c’est court », entend-on dans les rangs –, avant de partager tardivement un plateau-repas typique du pays – sarmale (petits choux farcis), polenta et papanasi (choux à la crème et framboise) – avec les troupes. Accueilli par le rite dit de « la poussière », un gobelet avec un fond de vin « porté à deux doigts des écoutilles » (lèvres), Emmanuel Macron, qui était accompagné par sa ministre des affaires étrangères, Catherine Colonna, et son homologue de la défense, Sébastien Lecornu, paraissait ailleurs.

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via LeMonde

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