Emprisonné, Alexeï Navalny affirme être victime de torture « par privation de sommeil »

Alexeï Navalny, à Moscou, en février 2020. Emprisonné depuis février, l’opposant russe serait privé de sommeil par ses geôliers.

La vie d’Alexeï Navalny est-elle en danger ? C’est ce que redoutent ses partisans. Dans une plainte adressée aux autorités et publiée, jeudi 25 mars, sur son site, l’opposant russe a expliqué être réveillé « huit fois par nuit » par ses geôliers. « Il s’agit de facto d’un recours à la torture par privation de sommeil », a-t-il écrit.

Dans une autre lettre également envoyée à l’administration pénitentiaire et au parquet général, Alexeï Navalny a demandé à « recevoir des soins ». Son avocate, Olga Mikhaïlova, qui a, finalement, pu voir son client jeudi, après avoir échoué à le voir la veille, a expliqué qu’il souffrait de « fortes douleurs » au dos et à la jambe droite, disant craindre pour « la vie et la santé » de son client, victime d’un empoisonnement à l’agent neurotoxique en août dernier, dont le Kremlin est accusé. « Pour moi, son état de santé est, bien sûr, extrêmement problématique », a-t-elle déclaré à la chaîne d’opposition Dojd.

Selon elle, Alexeï Navalny a été conduit, mercredi soir, dans un « hôpital public » où il a pu effectuer un examen IRM, sans qu’un diagnostic ne lui soit transmis. Un neurologue l’aurait examiné mais ne lui aurait prescrit que de l’ibuprofène.

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De possibles séquelles de son empoisonnement

Arrêté en janvier dès son retour à Moscou après cinq mois de convalescence en Allemagne, où il se remettait de son empoisonnement, Alexeï Navalny a été condamné à deux ans et demi de prison.

Son avocate juge qu’il peut y avoir un rapport entre ses problèmes actuels et les séquelles de cet empoisonnement. Les services pénitentiaires (FSIN) de la région de Vladimir, près de Moscou, où il est emprisonné, ont réagi jeudi matin, en affirmant que des examens médicaux avaient été effectués et que l’état d’Alexeï Navalny avait été « jugé stable et satisfaisant ».

De son côté, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré que l’administration présidentielle « ne suit pas » la situation et « n’a demandé aucune information » sur la santé de l’opposant.

La colonie pénitentiaire de Pokrov, à une centaine de kilomètres de Moscou, le 28 février 2021. Alexeï Navalny y est emprisonné depuis février.

Condamné en février à deux ans et demi de prison pour une affaire de fraude datant de 2014, que lui-même, les ONG et de nombreuses capitales occidentales jugent politique, l’opposant est emprisonné depuis le début du mois de mars dans une colonie pénitentiaire réputée très dure à Pokrov, à 100 kilomètres de la capitale russe.

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Depuis son arrivée, Alexeï Navalny avait publié deux messages sur Instagram au ton railleur et optimiste. Dans le premier, il affirmait que l’administration pénitentiaire avait « réussi à [le] surprendre » : « Je ne pensais pas qu’on pouvait construire un camp de concentration à 100 kilomètres de Moscou », écrivait-il.

Dans le second, il comparait sa routine quotidienne à celle des Stormtroopers, ces soldats de la saga Star Wars, à cause de la discipline rigide faite d’exercices physiques dans la cour et de marches sur place au pas cadencé.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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