En Afghanistan, le jour d’après le départ des Américains

Patrouille de talibans dans une rue de Kaboul, au lendemain du retrait des troupes américaines, le 31 août 2021.

Le jour d’après en Afghanistan avait un air de déjà-vu. Dans les heures suivant le départ du dernier soldat américain du pays, dans la nuit du lundi 30 au mardi 31 août, les coups de feu victorieux des talibans saluant un moment « historique » rappelaient ceux qui avaient jalonné leur retour au pouvoir, vingt ans après en avoir été chassés.

Ces tirs avaient ponctué, le 15 août, leur entrée dans Kaboul, tombée sans combattre. Ils avaient également retenti lors de la signature, le 29 février 2020, à Doha, au Qatar, d’un accord avec les Etats-Unis sur le retrait de leurs troupes.

L’Afghanistan, « cimetière des superpuissances »

Prévue initialement mardi 31 août au soir, la fin de la présence américaine a finalement été avancée d’un jour pour des raisons de sécurité. S’exprimant, mardi matin, du tarmac désert de l’aéroport de Kaboul, l’un des porte-parole du mouvement, Zabihullah Mujahid, a pu, triomphant, entouré de combattants talibans se prenant en photos, déclarer : « C’est une grande leçon pour d’autres envahisseurs, pour notre future génération et pour le monde. »

A Kandahar, la grande ville du Sud et fief historique des talibans, les cris de joie ont résonné à l’unisson des rafales d’armes tirées par des fondamentalistes circulant dans les rues sur leurs motos ou à bord de leurs véhicules. Leurs slogans chantaient la défaite de « la superpuissance américaine » et la gloire de l’Afghanistan, « cimetière des superpuissances ».

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Dans la capitale, désormais totalement sous contrôle taliban, les nouveaux dirigeants du pays ont assisté, mardi, à un large meeting célébrant le « jour de l’indépendance afghane ». Dès lors que « la question de la sécurité a été réglée, les gens sont inquiets pour l’économie », a estimé Enamullah Samangani, l’une des figures de la commission des affaires culturelles. Le défi le plus urgent est, selon lui, de trouver les fonds pour payer les fonctionnaires et maintenir en état de marche les infrastructures vitales.

La province de l’Oruzgan, située au nord de Kandahar, est privée d’électricité depuis une semaine. A Kaboul, les policiers n’ont pas été payés depuis quatre mois. Les talibans ont également reproché aux Occidentaux d’avoir emmené avec eux certains des Afghans les plus éduqués et qualifiés.

« Au bord d’une catastrophe humanitaire »

Si les talibans tentent encore de trouver la bonne formule de gouvernance, ils savent quels sont les chantiers qui les attendent. Les principaux dirigeants se sont retrouvés à Kandahar, le 27 août, pour trois jours, afin d’arbitrer les termes d’un gouvernement qui doit, ont-ils promis, réunir les principales forces politiques du pays.

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via LeMonde

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