En Afghanistan, l’ONU accuse les talibans d’exécutions extrajudiciaires

Des soldats talibans patrouillent à Kaboul, le 19 août 2021.

L’Organisation des Nations unies (ONU) a dénoncé, mardi 14 décembre, des « exécutions extrajudiciaires » d’anciens membres des forces de sécurité afghanes et d’autres personnes associées à l’ancien gouvernement, attribuant soixante-douze d’entre elles aux talibans.

« Entre août et novembre, nous avons reçu des allégations crédibles faisant état de plus de cent exécutions d’anciens membres des forces de sécurité nationales afghanes et d’autres personnes associées à l’ancien gouvernement, dont soixante-douze au moins ont été attribuées aux talibans », a ainsi déclaré la haut-commissaire adjointe aux droits de l’homme, Nada Al-Nashif, devant le Conseil des droits de l’homme.

« Je suis alarmée par les informations persistantes faisant état d’exécutions extrajudiciaires dans tout le pays, malgré l’amnistie générale annoncée par les talibans après le 15 août », a-t-elle ajouté. « Dans plusieurs cas, les corps ont été exposés en public. Cela a exacerbé la peur parmi une part importante de la population », a estimé Mme Al-Nashif.

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Par ailleurs, « dans la seule province de Nangarhar, au moins cinquante exécutions extrajudiciaires de personnes soupçonnées d’être membres de l’EI-K [Etat islamique au Khorassan] semblent avoir été commises », a-t-elle encore dit.

« Rivalités ou inimités personnelles », selon les talibans

Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux se sont déjà dits début décembre « préoccupés » par des « exécutions sommaires » d’anciens membres des forces de sécurités afghanes par le régime taliban, révélées par des organisations de défense des droits humains, et ont demandé l’ouverture rapide d’enquêtes.

L’ONG Human Rights Watch a publié un rapport qui, selon elle, documente « des meurtres ou des disparitions dont ont été victimes quarante-sept anciens membres des forces nationales de sécurité afghanes qui se sont rendus ou étaient détenus par les forces talibanes entre le 15 août et le 31 octobre ». Mais les talibans ont rejeté ces accusations, qu’ils ont jugées « injustes ».

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« Il y a eu des cas de meurtres d’anciens membres des forces de sécurité » du gouvernement renversé l’été dernier, « mais à cause de rivalités ou inimitiés personnelles », a toutefois reconnu le porte-parole du ministère de l’intérieur taliban, Qari Sayed Khosti.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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