En Afghanistan, plusieurs morts dans l’explosion dans une mosquée chiite

Deux jours après un attentat contre une école d’un quartier chiite de Kaboul, au moins douze personnes ont été tuées et 58 blessées, dont 32 grièvement, dans une explosion ayant frappé jeudi 20 avril une mosquée chiite de Mazar-e Charif, dans le nord de l’Afghanistan, a déclaré un responsable taliban de la police locale. L’attaque a été revendiquée par le groupe Etat islamique (EI). Un précédent bilan faisait état de 10 morts et 15 blessés.

« Les soldats du califat sont parvenus à placer un colis piégé » à l’intérieur de la mosquée, a annoncé l’EI dans une déclaration sur une chaîne Telegram. Le groupe sunnite ultra-radical a activé la bombe à distance alors que la mosquée était remplie de fidèles. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient des victimes transportées vers les hôpitaux depuis la mosquée Seh Dokan, dont le sol était jonché de morceaux de verre brisé.

Par ailleurs, au moins quatre personnes ont été tuées et dix-huit blessées à Kunduz, dans le nord-est du pays, dans l’explosion d’une bombe placée sur un vélo, au passage d’un véhicule transportant des civils mécaniciens travaillant pour une unité militaire talibane, a fait savoir la police locale. Et à Kaboul, un engin explosif placé en bord de route a blessé deux enfants, selon la police de la capitale.

Mardi, au moins six personnes avaient été tuées et vingt-quatre blessées dans deux explosions ayant frappé une école pour garçons d’un quartier de Kaboul largement peuplé par des membres de la minorité chiite hazara.

La communauté hazara souvent ciblée par l’EI

La communauté hazara, qui représente entre 10 et 20 % de la population afghane (environ 40 millions d’habitants), est persécutée de longue date dans ce pays à majorité sunnite. Elle a souvent été ciblée par l’EI depuis la prise du pouvoir en août par les talibans, qui s’en étaient eux-mêmes pris à elle par le passé.

Les talibans tentent de minimiser la menace de l’organisation Etat islamique au Khorassan (EI-K) et mènent une lutte sans pitié contre ce groupe, qu’ils combattent depuis des années. Ils ont multiplié les raids, notamment dans la province orientale de Nangarhar, et arrêté des centaines d’hommes accusés d’en faire partie. Ils assurent maintenant avoir vaincu l’EI-K, mais les analystes estiment que le groupe extrémiste constitue toujours le principal défi sécuritaire pour le nouveau pouvoir afghan.

Ce groupe est accusé d’avoir mené ou a revendiqué quelques-uns des attentats les plus meurtriers survenus ces dernières années en Afghanistan. En mai 2021, une série d’explosions s’était produite devant un établissement scolaire pour filles du même quartier chiite de Kaboul que celui visé mardi, faisant 85 morts, en majorité des lycéennes, et plus de 300 blessés.

Une voiture piégée avait d’abord explosé devant l’école, puis deux autres bombes avaient suivi au moment où les élèves se précipitaient dehors. L’EI, qui avait revendiqué un attentat en octobre 2020 contre un centre éducatif (vingt-quatre morts) dans la même zone, est fortement soupçonné d’avoir mené cette attaque.

Dans ce même quartier, en mai 2020, un groupe d’hommes armés avait attaqué une maternité soutenue par Médecins sans frontières, tuant vingt-cinq personnes, dont seize mères, certaines sur le point d’accoucher. Cet attentat n’avait pas été revendiqué, mais les Etats-Unis avaient accusé l’EI d’en être responsable.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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