En Afrique du Sud, colère et incompréhension après la fusillade meurtrière de Soweto


Un corps est évacué de la scène d’une fusillade dans un bar à Soweto, en Afrique du Sud, le dimanche 10 juillet 2022, qui a coûté la vie à quinze personnes.

Les habitants de Nomzamo Park n’en peuvent plus. Ils marchaient déjà la peur au ventre dans les rues sombres de ce quartier pauvre du township de Soweto, à Johannesburg. Ils craignent désormais de mourir en allant boire un verre. Après la fusillade qui a coûté la vie à quinze personnes dans une taverne samedi 9 juillet, plusieurs centaines de résidents ont hurlé leur ras-le-bol au ministre de la police sud-africain, Bheki Cele, en visite sur les lieux du drame, lundi.

« On n’a pas de police ici ! Quand on veut déposer plainte, on attend jusqu’à la nuit et quand il y a des meurtres, personne ne vient », attaque une volontaire d’une brigade de surveillance locale. Assailli de toute part, Bheki Cele a promis le déploiement d’une unité spéciale. « Une fois qu’ils seront là, vous ne viendrez pas me chercher pour ramasser les corps parce que quand ils arrivent, ils arrivent », a promis le responsable. Sans vraiment convaincre.

« Ils n’en n’ont rien à faire de nous, quand on les appelle la nuit, ils disent que c’est trop dangereux et qu’ils viendront le lendemain », raconte Khanyisile Mbhele, une voisine de la taverne réveillée par les coups de feu. A quelques mètres de sa maison, des traces de sang tapissent le trottoir devant le portail criblé d’impacts. Dans la nuit du samedi au dimanche 10 juillet, les fêtards étaient rassemblés dans ce bar étriqué quand des hommes descendus d’un minibus ont ouvert le feu sur les clients.

« Une fille m’a appelée à l’aide, je suis rentrée dans la taverne, elle avait reçu des balles dans les jambes. Elle était entourée de corps, je n’avais jamais vu ça », poursuit la jeune voisine. Le temps que l’ambulance arrive, un homme, le seul à avoir trouvé une voiture, a eu le temps de faire trois rotations jusqu’à l’hôpital, assure-t-elle en dénonçant, comme d’autres habitants, l’interminable attente des secours et de la police.

Mort de 21 jeunes âgés de 13 à 17 ans

Dans ce quartier déshérité où de petites maisons subventionnées par le gouvernement côtoient des cabanes de tôles, on est habitué à entendre des coups de feu. « Tous les soirs », précise Khanyisile. Mais jamais autant.

Le climat sécuritaire ne cesse de se dégrader en Afrique du Sud : en deux semaines, plus de quarante personnes sont mortes dans des lieux de fêtes. Au cours du week-end, quatre personnes ont également été tuées au cours d’une fusillade dans un bar à Pietermaritzburg, dans la province du Kwazulu-Natal, et deux autres dans une taverne au sud de Johannesburg.

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via LeMonde

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