En Allemagne, comment Marburg est devenue « BioNTech City »

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Publié aujourd’hui à 11h34, mis à jour à 11h35

De grandes tentes en plastique sur un vaste parking à moitié vide. En ce mercredi de mars, il n’y a pas foule devant le centre de vaccination de Marburg. Environ 700 personnes auront reçu une injection ce jour-là. « Quand il y aura assez de vaccins, on pourra accueillir jusqu’à 1 260 personnes par jour », explique un responsable.

A 4 kilomètres de là, au détour d’une petite route de campagne. Des grilles. Des vigiles. Pas question d’entrer. Pas moyen non plus d’engager la discussion avec ceux qui travaillent ici, auxquels la consigne a été donnée de ne pas parler à la presse. Ce que renferme ce lieu si secret ? Le plus important des trois centres de fabrication du vaccin Pfizer-BioNTech en Allemagne. Entré en service mi-février, il doit produire 250 millions de doses au cours du premier semestre, 750 millions d’ici à un an.

De gauche à droite : 1- Buste d’Emil von Behring, premier lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine, en 1901. Dans le bureau du département de pharmacie de Marburg, en Allemagne. 2- Vue sur la vieille ville de Marburg. 3- Le professeur Michael Keusgen pose pour un portrait, le 10 mars 2021.

Il est des endroits qui, plus que d’autres, sont des concentrés d’histoire. Au cœur du Land de Hesse, à une centaine de kilomètres au nord de Francfort, Marburg en fait partie. Quand il a été révélé que BioNTech allait y fabriquer son vaccin à ARN messager contre le Covid-19, plusieurs journaux n’ont pas manqué de rappeler un épisode qui secoua cette coquette ville universitaire de 78 000 habitants, il y a un peu plus d’un demi-siècle.

Lire l’enquête : La saga du vaccin à ARN messager désormais dans le sprint final

Virus de type Ebola

Nous sommes en août 1967. En l’espace de quelques jours, une trentaine d’habitants de Marburg et de ses environs sont frappés de violents maux de tête et de fortes fièvres hémorragiques. Sept en mourront. A l’origine du mal, un virus de type Ebola transmis par des singes importés d’Ouganda à des employés d’un laboratoire du complexe pharmaceutique Emil von Behring de Marburg. Là même où se trouve l’actuel centre de production du vaccin contre le Covid-19, une ancienne usine du groupe suisse Novartis, que la société allemande BioNTech a rachetée en septembre 2020.

Depuis la maison de retraite où il vit aujourd’hui, l’ancien professeur de virologie Werner Slenczka, 86 ans, se rappelle précisément cette fin d’été 1967 à Marburg, où la rentrée des classes fut décalée de quinze jours, où les malades et leurs proches furent soumis à un confinement strict, et où les journaux commencèrent à évoquer un début d’épidémie. « La situation a été maîtrisée assez rapidement. Mais, pendant environ trois semaines, il y a eu une vraie inquiétude. Pour les gens de ma génération, ça reste un moment marquant », confie celui qui était alors jeune assistant à l’institut d’hygiène de la ville et dont le nom reste attaché à l’identification de ce que l’on appelle, depuis, le « virus de Marburg ».

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via LeMonde

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