En Allemagne, des opposants aux restrictions anti-covid souvent liés à l’ultradroite radicale

Manifestation d’opposants aux restrictions sanitaires à Cassel (Hesse), le 20 mars.

Outre-Rhin, ils se font appeler les Querdenker, ce que l’on peut traduire par « libre-penseurs » ou « anticonformistes ». Après s’être faits plus discrets entre la fin de l’automne et le début de l’hiver, quand la deuxième vague a frappé l’Allemagne de plein fouet, les opposants aux restrictions anti-Covid ont repris du service ces dernières semaines, prospérant sur la lassitude croissante de la population dans un pays où la plupart des écoles ont été de nouveau fermées de mi-décembre à début mars, et où seuls les commerces essentiels sont ouverts.

Samedi 20 mars, environ 20 000 d’entre eux se sont retrouvés à Cassel (Hesse), au nord de Francfort, où la confrontation avec la police a été musclée. Ils étaient à peu près autant lors de leur précédent grand rassemblement, à Leipzig (Saxe), le 7 novembre 2020. Mais ils avaient été deux fois plus nombreux à Berlin, le 29 août, quand quelques centaines d’entre eux avaient tenté de prendre d’assaut le Reichstag, le siège du Parlement. Le signal avait alors été donné par une naturopathe d’extrême droite, qui avait prétendu au micro que l’avion de Donald Trump venait d’atterrir secrètement à Berlin.

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Pendant leurs manifestations, ces « libres-penseurs » convoquent volontiers l’histoire pour dénoncer la « coronadictature » d’Angela Merkel. Certains se voient ainsi comme les héritiers de Hans et Sophie Scholl, ces jeunes résistants au IIIe Reich assassinés en 1943. Quelques-uns n’hésitent pas non plus à arborer une étoile jaune sur laquelle on peut lire « non vacciné », suggérant que les opposants aux vaccins sont autant persécutés que les juifs sous le nazisme. Dans les Länder de l’Est, c’est davantage le souvenir de la RDA qui s’impose, les actuelles restrictions de libertés étant communément comparées aux intrusions jadis opérées dans la vie privée par la Stasi, la police politique de l’ex-Allemagne communiste.

Hippies et adeptes des médecines douces

Mais ces filiations autorevendiquées ne doivent pas tromper. Si ces manifestations attirent des hippies, des adeptes des médecines douces et des personnes qui se disent uniquement préoccupées par la défense des libertés constitutionnelles, l’ultradroite radicale y est surreprésentée à travers ses multiples groupuscules. Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), première force d’opposition au Bundestag, se fait, en revanche, assez discret lors de ces rassemblements, même s’il dénonce lui aussi la « dictature sanitaire » de Mme Merkel et que ses dirigeants aiment se faire photographier sans masque là où ils devraient en porter.

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via LeMonde

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