En Allemagne, la campagne électorale des législatives bouleversée par les inondations

Le chef du CDU et candidat à la chancellerie, Armin Laschet, et Angela Merkel, dans la ville sinistrée de Bad Muenstereifel, le 20 juillet 2021.

Depuis 2002, les Allemands savent que des inondations peuvent faire basculer des élections. En août de cette année-là, cinq semaines avant les législatives, le chancelier social-démocrate, Gerhard Schröder (SPD), prit un avantage décisif sur son rival conservateur Edmund Stoiber (CSU) au lendemain de la crue dévastatrice de l’Elbe, dans l’est du pays. Après s’être rapidement rendu sur place, chaussé de bottes en caoutchouc, puis avoir décidé de reporter d’un an son plan de baisses d’impôts pour aider les zones sinistrées, Schröder vit sa popularité s’envoler. Le 22 septembre, il remportait les élections. Cinq semaines plus tôt, il était pourtant donné battu.

Dix-neuf ans plus tard, les terribles inondations qui ont frappé la Rhénanie, dans la nuit du 14 au 15 juillet, pèseront-elles de façon aussi déterminante dans le résultat des législatives du 26 septembre ? A deux mois du scrutin, il est d’autant plus difficile de répondre à la question que les sondages réalisés depuis la catastrophe décrivent une opinion publique pétrie de contradictions.

Selon une enquête RTL/ntv publiée vendredi 23 juillet, 56 % des Allemands estiment que ces inondations, qui ont causé la mort d’au moins 180 personnes, selon le dernier bilan, rendent la lutte contre le changement climatique « encore plus importante qu’avant ». Et 73 % pensent que leurs dirigeants doivent être plus ambitieux dans ce domaine. Seuls les sympathisants du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) sont majoritairement d’un avis opposé.

Des trois principaux candidats à la succession d’Angela Merkel, c’est l’écologiste Annalena Baerbock qui, sans surprise, est jugée la plus crédible sur la question du climat. D’après un sondage Civey/Der Spiegel du 24 juillet, 56 % des personnes interrogées pensent que la présidente des Verts prendra des « mesures décisives contre le changement climatique » si elle devient chancelière. Ils ne sont que 35 % à penser la même chose du social-démocrate Olaf Scholz (SPD) et 26 % du conservateur Armin Laschet (CDU-CSU).

A priori, cela devrait avantager les écologistes dans les intentions de vote. Ce n’est pas le cas. Dans le baromètre de l’institut INSA, ils sont passés de 19 % à 18 % entre le 27 juin et le 24 juillet. Dans celui de l’institut Infratest dimap, ils ont reculé de 21 % à 19 % entre le 24 juin et le 22 juillet. Contre toute attente, les Verts sont en moins bonne posture après les inondations qu’avant celles-ci.

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via LeMonde

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