En Allemagne, le futur gouvernement vise 80 % d’énergies renouvelables en 2030

Deux techniciens entretiennent une éolienne Enercon E92 à Bernsdorf, en Allemagne, le lundi 15 novembre 2021.

C’était l’une des questions les plus attendues de la feuille de route du prochain gouvernement présentée à Berlin, mercredi 24 novembre : comment l’Allemagne allait-elle accélérer sa laborieuse transition vers le zéro carbone ? Les trois partis de coalition – les sociaux-démocrates (SPD), les Verts et les libéraux (FDP) – parviendraient-ils à s’entendre sur un sujet où les oppositions de principe étaient a priori très fortes ?

La lecture du document le montre : le futur gouvernement a réussi, en deux mois, à dégager des compromis de taille pour faire de la protection du climat l’une de ses priorités, sans renoncer ni à l’économie de marché chère au Parti libéral ni à la protection des travailleurs défendue par le SPD. L’accord de coalition, peut, en ce sens, être qualifié d’historique.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés En Allemagne, la quête d’une neutralité carbone sans nucléaire

L’un des emblèmes les plus importants de cette alliance à haut risque est l’annonce de la sortie anticipée du charbon d’ici à 2030, contre 2038 prévu jusqu’ici. Les centrales à houille et à lignite, qui couvrent encore 25 % des besoins en électricité, figurent parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre et de particules polluantes en Europe.

Cet objectif, présenté dans la presse jusqu’à mardi soir comme une victoire des Verts, apparaît toutefois affaibli dans le contrat de coalition par l’expression « idéalement ». Autrement dit, si les conditions le permettent. Reste que le projet est extrêmement ambitieux : se défaire du charbon d’ici huit ans, alors que le pays abandonne en même temps le nucléaire (12 % du mix énergétique) et que les besoins vont fortement augmenter, représente une gageure pour la sécurité de l’approvisionnement et la stabilité du réseau.

Résistances des riverains et obstacles administratifs

Cette « mission collective », comme le précise le contrat de coalition, doit réussir grâce à un effort historique d’accélération du développement des énergies renouvelables. Le futur gouvernement estime le besoin en électricité en 2030 à 680-750 térawattheures, ce qui correspond à une hausse de 35 % à 50 % par rapport à la production de 2020. In fine, 80 % de cette électricité devra provenir des renouvelables à cette date, contre 47 % aujourd’hui. Le reste du courant sera issu notamment des centrales à gaz « modernes », qui devront être construites de manière à pouvoir être converties aux gaz neutres pour le climat. Le gaz naturel, indique le texte, « est indispensable pour la période de transition ».

Cette accélération des renouvelables est-elle réalisable, alors que, ces dernières années, la construction d’éoliennes et de lignes à haute tension s’est souvent heurtée aux résistances des riverains et aux obstacles administratifs ? Le gouvernement prévoit d’accélérer considérablement les procédures de planification et d’autorisation des installations et des lignes à haute tension. Plus de 1 000 nouvelles éoliennes seront érigées chaque année, et 2 % du territoire sera réservé à l’éolien terrestre.

Il vous reste 36.58% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess