En Allemagne, les députés Verts et sociaux-démocrates rajeunissent le Bundestag

Le chef du groupe parlementaire des sociaux-démocrates allemands (SPD), Rolf Mützenich (en bas, 3e à gauche), la coprésidente du SPD, Saskia Esken, (en bas, 2e à gauche) et des députés du groupe (206 au total), le 29 septembre 2021, au Bundestag, à Berlin.

Le nouveau Parlement allemand a rajeuni et cela devrait se ressentir dans les équilibres politiques. L’âge moyen des députés élus le dimanche 26 septembre est désormais de 47,5 ans, soit deux ans de moins qu’au début de la dernière législature, et 25 % des députés ont moins de 40 ans, contre 18 % dans l’assemblée sortante. Depuis 1980, jamais cette moyenne d’âge n’a été aussi basse. Les différences entre les groupes sont considérables. C’est à Alternative für Deutschland (AfD, extrême droite) que la moyenne d’âge est la plus élevée (51,2 ans), et c’est d’ailleurs le président d’honneur du parti, Alexander Gauland, 80 ans, qui est le doyen du nouveau Bundestag.

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A l’inverse, les deux plus jeunes députés sont des Verts : Milla Fester et Niklas Wagener, tous deux âgés de 23 ans. Le groupe écologiste est celui dont la moyenne d’âge est la plus basse : 42,6 ans. Celui, aussi, qui s’est le plus rajeuni, avec le groupe SPD, puisque l’un comme l’autre ont vu l’âge moyen de leurs membres baisser d’environ cinq années entre la dernière législature et l’actuelle. Les électeurs de moins de 30 ans ont logiquement placé en tête le mouvement écologiste (22 %), devant les libéraux du FDP (20 %) et les sociaux-démocrates du SPD (17 %).

Des députés réputés très à gauche

Au sein du groupe social-démocrate – désormais le plus nombreux du Bundestag, avec 206 membres sur 735 –, l’entrée en force d’une nouvelle génération est d’ailleurs assez spectaculaire. Au total, 49 députés du SPD sont ainsi membres des Jusos (« Jeunesses socialistes »), soit près d’un quart du groupe, du jamais-vu. Parmi eux figurent notamment leur actuelle présidente, Jessica Rosenthal, et son très médiatique prédécesseur, Kevin Kühnert, qui avait bataillé contre la reconduction de la « grande coalition », en 2017, et contre l’élection d’Olaf Scholz à la présidence du parti, en 2019. Depuis, les Jusos se sont assagis. Ils ont même été particulièrement loyaux pendant toute la campagne, jouant les parfaits petits soldats au service de la candidature d’Olaf Scholz.

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Cela durera-t-il ? Selon beaucoup d’observateurs, le probable futur chancelier devra faire preuve de beaucoup de doigté vis-à-vis de ces jeunes députés SPD, réputés très à gauche, et ce dès les prochaines semaines consacrées à la rédaction d’un contrat de coalition. D’autant plus que ces 49 Jusos ont leur pendant chez les Verts, dont 26 des 118 députés appartiennent également à l’organisation de jeunesse du parti, elle aussi beaucoup plus radicale que la direction du mouvement écologiste. S’ils symbolisent aujourd’hui un certain renouvellement générationnel, ces quelque 75 jeunes députés SPD et Verts représentent un pôle de « frondeurs » potentiels avec lequel Olaf Scholz, s’il est élu chancelier, devra nécessairement composer.

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via LeMonde

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