En Argentine, une « pandémie contrôlée » et une vie presque normale retrouvée

LETTRE DE BUENOS AIRES

Après les mois de restrictions dus au Covid-19, des couples dansent de nouveau le tango, à Buenos Aires, le 14 septembre 2021.

Les loupiotes accrochées aux arbres enguirlandent la place Serrano, dans le quartier de Palermo à Buenos Aires, un des poumons de la vie nocturne qui, après un an et demi de pandémie, a largement retrouvé son public argentin, enhardi par des indicateurs sanitaires plus que jamais favorables.

Attablée en terrasse, aux côtés de puissantes basses soufflant des tubes de reggaeton, la jeunesse de la capitale et de sa banlieue renoue franchement avec la vie d’avant, dans la douceur du printemps austral, une pinte de bière dans une main, l’autre piochant dans le classique de la gastronomie bon marché, des frites au cheddar et au bacon.

« On recommence à pouvoir se projeter »

« Ça fait deux semaines que l’on perçoit une vraie différence, avec l’arrivée des beaux jours. On sent qu’il y a eu une longue abstinence : les jeunes sont exaltés, rapporte Jorge, le gérant d’un bar de la place. Nous, les restaurateurs, on a souffert avec les différentes fermetures. On n’a pas récupéré le volume d’avant parce qu’il manque encore les touristes étrangers mais on recommence à pouvoir se projeter. »

Si, comme ailleurs dans le monde, la pandémie a été marquée ici par une sinuosité des restrictions, Buenos Aires et sa région ont traversé un très long confinement en 2020, de six mois environ, avec des assouplissements relatifs.

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Après l’arrivée du printemps puis de l’été austral, en 2021, le pays a dû procéder à différents tours de vis cette année. Au mois de mai, un confinement strict de neuf jours a été décrété face à la flambée des décès et des services hospitaliers au bord de la rupture. Le président argentin Alberto Fernandez (centre gauche) qualifiait alors la situation de « gravissime ». L’Argentine se hisse ainsi à la funeste huitième place des pays enregistrant le plus haut taux de mortalité au monde (hors micro-Etats), avec plus de 115 000 décès pour une population de 45 millions d’habitants.

« Cela s’explique par un système sanitaire qui n’était pas en condition, contrairement à celui des pays du Nord, un nombre de tests insuffisants et une vaccination qui a démarré trop tard, faute de recevoir les vaccins ou de pouvoir les produire », observe Guillermo Docena, biochimiste au centre de recherche public Conicet et conseiller ad honorem du ministère de la santé de la province de Buenos Aires. Après des débuts poussifs, marqués par les retards de livraison, notamment du vaccin russe Spoutnik V, le pays rattrape le temps perdu. Le 27 septembre, 65 % des Argentins avaient reçu au moins une injection et près de la moitié présentaient un schéma vaccinal complet.

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via LeMonde

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