En Asie centrale, Facebook et YouTube s’ajustent à la censure politique

Facebook se serait bien passé de la publicité faite par le gouvernement kazakh. Le 1er novembre, le ministère de l’information du Kazakhstan, Etat dont l’Internet est classé non libre par l’ONG américaine Freedom House, a annoncé avoir signé une « déclaration conjointe » avec le réseau social californien « pour coopérer étroitement sur les contenus préjudiciables ». Le communiqué précise que Facebook a accordé aux autorités « un accès direct et exclusif au Content Reporting System [“système de signalement de contenu”], ce qui peut aider le gouvernement à signaler les contenus susceptibles de violer la politique globale de Facebook en matière de contenu, et les lois locales du Kazakhstan ».

Le ministère de l’information souligne avec fierté que le pays est « le premier (…) d’Asie centrale à bénéficier de tels privilèges exclusifs ». Déjà au centre d’un scandale aux Etats-Unis et en Europe, Meta (l’entreprise possédant Facebook, Instagram et WhatsApp), étant notamment accusé de « faire passer les profits avant la sécurité » de ses utilisateurs, a aussitôt nié tout arrangement particulier avec le régime, qui n’a pas connu d’alternance démocratique depuis son indépendance, en 1991.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés « Facebook Files » : pour le réseau social, deux mois de tourmente médiatique et politique

« Nous suivons une procédure cohérente partout dans le monde pour évaluer les demandes individuelles, indépendamment de tout gouvernement, et conformément à la politique de Facebook, aux lois locales et aux normes internationales des droits de l’homme. Ce processus est le même au Kazakhstan que dans d’autres pays du monde », a indiqué Ben McConaghy, porte-parole de Meta, dans un courriel envoyé à l’agence Reuters.

Paquet de lois

Selon le site spécialisé Statcounter.com, Meta possède 23 % de part de marché (en additionnant Facebook et Instagram) dans ce pays de 19 millions d’habitants, à égalité avec le site de partage d’images californien Pinterest. Facebook a pour concurrent direct le réseau social russe VKontakte (les deux possèdent 15 % de part de marché), qui, depuis 2014, est intégralement accessible aux services de sécurité russes. Largement inspiré par la législation russe, le pouvoir kazakh pousse depuis cet automne, devant un Parlement docile, un paquet de lois destiné à renforcer le contrôle sur les réseaux sociaux étrangers.

Ces derniers devront désigner des employés au Kazakhstan, qui seront tenus personnellement responsables des plaintes déposées par les autorités. Le gouvernement de Noursoultan (la capitale kazakhe) justifie la nouvelle réglementation par le besoin de protéger les mineurs. Exigeant l’abandon de ces lois, une pétition lancée le 29 septembre et signée par plus de 10 000 citoyens kazakhs qualifie de « manipulation » la « tactique consistant à introduire des lois sous prétexte de protéger les droits de l’enfant ».

Il vous reste 51.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess