En Belgique, les écologistes opposés à l’augmentation des dépenses militaires


Le premier ministre belge, Alexander De Croo, lors d’une conférence de presse après une réunion restreinte des ministres, à Bruxelles, le 1er avril 2022.

Le premier ministre belge, Alexander De Croo, espérait arriver au sommet de l’OTAN, à Madrid, fin juin, avec une promesse claire : son pays souscrirait aux demandes de l’Alliance atlantique – et des Etats-Unis – en portant à 2 %, d’ici à 2035, la part du produit intérieur consacré à la défense. Désormais, le chef du gouvernement est de moins en moins certain de parvenir à ses fins, compte tenu de fortes tensions qui se manifestent au sein de sa coalition. Le dirigeant libéral flamand tablait sur le choc provoqué par la guerre en Ukraine pour vaincre les réticences d’une partie de sa majorité et afficher, à Madrid, les nouvelles ambitions de son pays.

Problème : il doit, pour cela, convaincre les sept partis de sa coalition, dont les formations écologistes néerlandophone et francophone, Groen ! et Ecolo. Ces partis, traditionnellement pacifistes, se montrent peu enclins à suivre la démarche des Verts allemands, qui ont approuvé récemment, au Bundestag, une modification constitutionnelle en vue de la création d’un fonds de 100 milliards d’euros destinés à moderniser l’armée. « C’est le moment où l’Allemagne dit : nous sommes là quand l’Europe a besoin de nous », a lancé, à cette occasion, Annalena Baerbock, la ministre des affaires étrangères.

En Belgique, « [les] finances publiques sont fragiles, chaque dépense doit correspondre à une nécessité. Or, ici, ce n’est pas le cas, indiquait, en revanche, fin mai, Jean-Marc Nollet, coprésident d’Ecolo, dans le quotidien La Libre Belgique. Il est indécent d’imaginer la mobilisation de tant d’argent pour la défense. Tout ça pour atteindre un chiffre fétiche qui n’a aucun sens, ces fameux 2 % de dépenses ».

1,54 % du budget à la défense en 2030

La Belgique consacrait, en 2021, 5,3 milliards d’euros à la défense, soit 1,07 % de son PIB. Parmi les membres de l’Alliance, seuls l’Espagne (1,03 %) et le Luxembourg (0,54 %) faisaient moins bien. Sous la pression des événements en Ukraine, mais aussi de celle, plus ancienne, de l’Organisation atlantique et des Etats-Unis, le gouvernement s’était résolu à adopter, le 25 février, au lendemain de l’invasion de l’Ukraine, un programme d’investissements de quelque 2 milliards d’euros sur une base annuelle. Si la trajectoire est confirmée, elle devrait amener le pays à consacrer 1,54 % de son budget à la défense en 2030.

M. De Croo aimerait aller au-delà et atteindre l’objectif des 2 % en 2035. Son plan est évalué à 10 milliards d’euros. L’état-major de la défense met en avant la crédibilité du pays aux yeux de ses alliés. La droite libérale francophone applaudit, le Parti socialiste francophone (PS) hésite. Ludivine Dedonder (PS), ministre de la défense, explique qu’il n’est « pas indécent » d’augmenter le budget des armées en temps de guerre, mais que cela ne peut se faire au détriment des services publics et du pouvoir d’achat. Les écologistes renâclent, en insistant sur la nécessité d’établir des priorités pour l’environnement, le social, la police et la justice.

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via LeMonde

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