En Belgique, une campagne de vaccination chaotique

Des policiers patientent après avoir reçu leur injection de vaccin contre le Covid-19, le 4 mars 2021, au Parc des expositions de Bruxelles, le plus grand centre de vaccination anti-Covid du royaume.

Une « stratégie » globale promise dès le 22 novembre, une « adaptation » prévue au début janvier, un « reset » – réinitialisation – mis au point au début du mois de mars : le gouvernement belge doit puiser dans les ressources du vocabulaire pour faire croire à la population que la campagne de vaccination qu’il tente d’organiser ne tournera pas à la débâcle.

L’institut de santé publique Sciensano indiquait qu’au 7 mars quelque 341 000 personnes seulement, soit moins de 3 % de la population, avaient été vaccinées complètement, avec deux injections. L’une des performances les plus faibles en Europe, selon le classement établi par l’université d’Oxford.

Problèmes avec les convocations

« Nous devons être les champions olympiques du nombre de doses par habitant mais plus d’un demi-million d’entre elles sont dans les réfrigérateurs. Vous prônez la responsabilité individuelle mais, au lieu d’ajouter de la confiance, vous ajoutez du chaos », lançait, il y a quelques jours, Sofie Merckx, une députée de la gauche radicale, au premier ministre Alexander De Croo et au ministre de la santé, Frank Vandenbroucke.

Ce dernier, omniprésent sur les plateaux de télévision, est imperturbable et promet une « accélération » de la campagne, sans vraiment convaincre. D’autant moins qu’il justifie précisément le maintien des actuelles mesures restrictives (dont le couvre-feu et la fermeture des frontières jusqu’au 19 avril pour les voyages jugés non essentiels) par les progrès de la vaccination.

En tout cas, la « task force vaccinations » mise en place admet elle-même que moins des deux tiers des 1,5 million de doses livrées avaient été injectés à la fin de la semaine dernière. « Problèmes de lancement des invitations et de démarrage des centres », affirmaient les responsables. Le pays a, en effet, opté pour une approche très centralisée, qui exclut médecins généralistes, pharmaciens ou services de santé au travail de toute participation à la campagne.

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Ce sont surtout les lenteurs dans les premières livraisons d’AstraZeneca, Pfizer et Moderna, les trois fabricants retenus à ce stade, qui ont été invoquées par les autorités. Comme la réglementation sur la vie privée, qui entraverait l’envoi dans le bon ordre des convocations après avoir compliqué le traçage des contacts des personnes infectées. Il y a toutefois d’autres raisons à la lenteur du processus.

Doses gaspillées

D’abord de flagrantes erreurs de logistique. Des « bugs » informatiques à répétition, qui empêchent les personnes candidates à la vaccination de recevoir leur convocation ou de s’enregistrer. D’autres, déjà vaccinées, jugées non prioritaires ou… décédées qui reçoivent, elles, des invitations. On voit aussi des centres ouverts mais vides, parce que personne ne s’y présente ou, au contraire, débordés le lendemain parce qu’on a invité les titulaires de certaines professions à s’y rendre pour éviter les gaspillages, avec pour conséquence des heures d’attente dues à la nécessité d’un encodage individuel des données. Lundi, un homme qui accompagnait son père au centre du Heysel, à Bruxelles, confiait sa surprise d’avoir reçu « par hasard » une injection.

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via LeMonde

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