En Biélorussie, une vague de perquisitions cible les journalistes et militants des droits humains

Le président de l’Association bélarussienne des journalistes (BAJ) Andreï Bastunets et des policiers biélorusses quittent le bureau de la BAJ après une descente à Minsk, le 16 février 2021. Le président de l’Association bélarussienne des journalistes (BAJ) Andreï Bastunets et des policiers biélorusses quittent le bureau de la BAJ après une descente à Minsk, le 16 février 2021.

Les autorités biélorusses ont franchi un nouveau palier dans la répression de la presse et des défenseurs des droits humains. Des perquisitions ont visé, mardi 16 février, vingt-cinq journalistes, militants associatifs et syndicaux du pays. La police a notamment fouillé les bureaux de l’Association biélorusse des journalistes (ABJ) et du centre des droits de l’homme Viasna, ainsi que les appartements de ses membres. Plus de 30 personnes ont été brièvement arrêtées, dont le responsable de l’ABJ, Andreï Bastounets, et au moins trois sont encore détenues, selon des militants.

« C’est la plus grande répression contre les journalistes et les militants des droits de l’homme que l’Europe ait jamais connue, a déclaré le vice-président de l’association, Boris Goretsky, dont le domicile a également été perquisitionné mardi. Il y a eu plus de 400 détentions de journalistes au cours des six derniers mois, et les autorités ne vont pas s’arrêter là. » De son côté, le vice-président du centre Viasna, Valentin Stefanovitch, a dénoncé une « tentative d’intimidation » visant à museler « [ceux] qui ont parlé au monde de l’incroyable ampleur des répressions ».

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Selon le comité d’enquête biélorusse, chargé des investigations criminelles, ces raids interviennent dans le cadre d’une affaire sur le financement et l’organisation « d’actions portant gravement atteinte à l’ordre public ». Les enquêteurs tentent d’identifier les sources de financement des manifestations massives organisées dans le pays pour contester la réélection frauduleuse, le 9 août 2020, du président Alexandre Loukachenko. Les autorités tentent d’écraser ce soulèvement populaire depuis sept mois en recourant à d’importantes vagues d’interpellations, aux violences policières, ainsi qu’à l’arrestation ou à l’exil forcé des principales figures d’opposition. En 2020, 62 journalistes ont été victimes de violences policières, selon un rapport de l’ABJ.

Une situation « inacceptable »

« Après des poursuites administratives et pénales contre des journalistes, la dictature biélorusse s’attaque désormais à l’organisation représentative des journalistes, s’est alarmé le président de la Fédération européenne des journalistes, Mogens Blicher Bjerregard. Il est grand temps que la communauté internationale agisse enfin pour mettre fin aux exactions du président illégitime Loukachenko. » Amnesty International a dénoncé une « tentative centralisée et ciblée de décimer les médias indépendants et les organisations de défense des droits de l’homme du pays par des raids terrifiants dans les domiciles, le harcèlement et la persécution ».

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via LeMonde

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