En Birmanie, des dizaines de personnalités traquées par la junte

Lors d’une manifestation à Rangoun, en Birmanie, le 7 avril.

L’acteur Paing Takhon, une des célébrités les plus populaires de Birmanie à s’être opposée au coup d’Etat militaire, a été arrêté par la junte qui traque des dizaines de personnalités du pays.

Paing Takhon, mannequin, acteur et chanteur très célèbre en Birmanie et en Thaïlande voisine, a été interpellé au domicile de sa mère à Rangoun et placé en détention, selon des médias locaux. Dans un de ses derniers messages sur les réseaux sociaux, le jeune homme de 24 ans avait expliqué, mercredi 7 avril, « ne pas être en bonne santé depuis de nombreux jours ». Sa famille n’était pas joignable dans l’immédiat pour donner des détails sur son arrestation.

« J’ai le cœur brisé », « Rendez-nous notre héros » : les condamnations ont fleuri sur Internet où Paing Takhon était suivi par un million de fans avant que ses pages Facebook et Instagram soient fermées. L’acteur a été l’une des premières personnalités du pays à condamner le coup d’Etat du 1er février contre le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi et à exiger la libération de cette dernière.

Écouter aussi En Birmanie, le peuple contre l’armée

Une liste de 120 célébrités

Il a aussi participé à plusieurs manifestations pro-démocratie où il haranguait les foules avec un mégaphone. « Aidez-nous à arrêter les crimes contre l’humanité », avait-il écrit sur les réseaux sociaux pour condamner la répression sanglante des forces de sécurité qui a déjà fait quelque 600 victimes, dont une cinquantaine d’enfants et d’adolescents.

A Rangoun, en Birmanie, le 5 avril.

Paing Takhon était sur une liste de 120 célébrités – chanteurs, mannequins, journalistes – visées par un mandat d’arrêt. Elles sont accusées par le régime d’avoir diffusé des informations susceptibles de provoquer des mutineries dans les forces armées.

La mobilisation pro-démocratie se poursuit avec de très nombreux travailleurs en grève et des secteurs entiers de l’économie paralysés. Mais les foules sont moins nombreuses à manifester dans les villes par peur des représailles.

La répression « se concentre désormais dans les zones rurales », relève l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Plus de 12 civils ont été tués mercredi par les forces de sécurité, selon l’ONG. Plus de 2 800 personnes ont été interpellées depuis le 1er février. Beaucoup, sans accès à un proche ou à un avocat, sont portées disparues.

L’ambassadeur birman à Londres Kyaw Zwar Minn, qui avait apporté le mois dernier son soutien au gouvernement d’Aung San Suu Kyi, a accusé mercredi soir l’attaché militaire d’« occuper », sur ordre de la junte, la représentation diplomatique et de lui interdire d’y pénétrer.

Lire aussi Birmanie : comprendre la crise en cinq questions

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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