En Birmanie, les forces de sécurité lancent un raid contre des cheminots grévistes

Les soldats bloquent une route pour arrêter le personnel ferroviaire impliqué dans le mouvement de désobéissance civile, à la gare de Ma Hlwa Gone, à Rangoun, le 10 mars.

Les forces de sécurité birmanes ont lancé un raid, mercredi 10 mars, à Rangoun contre des cheminots grévistes qui participent au vaste mouvement de désobéissance civile contre le coup d’Etat militaire, faisant craindre de nouvelles arrestations.

Des véhicules militaires et plusieurs centaines de policiers se sont déployés autour de l’enceinte où réside le personnel ferroviaire de la gare Ma Hlwa Gone, dans l’est de la capitale économique, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux. « Nous sommes unis ! », ont scandé en retour des employés des chemins de fer.

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« Ils bloquent les portes [des appartements] et les détruisent pour entrer », a rapporté à l’Agence France-Presse un membre de la famille d’un cheminot, sous couvert d’anonymat par peur des représailles. « J’ai réussi à m’échapper, mais je m’inquiète pour les travailleurs » et leurs proches encore coincés, a-t-il poursuivi. Selon lui, quelque 800 cheminots sont impliqués dans le mouvement de désobéissance civile dans cette gare.

Appel à intensifier la grève générale

Médecins, enseignants, employés des compagnies d’électricité et des chemins de fer, de nombreux fonctionnaires ont cessé de travailler depuis le coup d’Etat du 1er février qui a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi. Ce mouvement perturbe la fragile économie birmane avec des bureaux ministériels vides, des écoles et des hôpitaux fermés, des banques dans l’incapacité de fonctionner.

Un manifestant avec une affiche du chef des forces armées birmanes, le général Min Aung Hlaing, lors d’une manifestation à Rangoun, le 9 mars.

Les principaux syndicats ont appelé à intensifier la grève générale à partir de cette semaine pour tenter de paralyser totalement le pays et augmenter la pression sur les militaires. La junte a ordonné de son côté aux fonctionnaires de reprendre le travail à partir du 8 mars, faute de quoi ils seraient licenciés et s’exposeraient à des représailles.

La Birmanie est en ébullition depuis le putsch, avec des manifestations quotidiennes à travers tout le pays. Raids, arrestations en masse, recours à la force létale : la junte semble plus déterminée que jamais à éteindre cette fronde largement pacifique.

Au moins 60 civils ont été tués et près de 2 000 personnes arrêtées depuis le 1er février, d’après l’Association d’assistance aux prisonniers politiques. L’armée, qui justifie son passage en force en alléguant de vastes fraudes électorales lors des législatives de novembre remportées massivement par le parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, assure ne pas être impliquée dans le décès des manifestants.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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