En Bulgarie, un parti anticorruption crée la surprise aux législatives

Kiril Petkov, candidat du parti centriste, a remporté 26 % des voix, devançant le parti conservateur, à Sofia, le 14 novembre 2021.

Une confirmation et une surprise. Si le président bulgare sortant, Roumen Radev, a largement remporté, comme attendu, le premier tour du scrutin présidentiel organisé dimanche 14 novembre dans ce pays des Balkans, le candidat centriste anticorruption Kiril Petkov a, lui, réalisé une performance inattendue en arrivant en tête des législatives organisées le même jour.

Selon les comptages des instituts de sondages, cet homme d’affaires âgé de 41 ans et diplômé de Harvard est en bonne position pour devenir premier ministre, le poste le plus important du système politique bulgare. Son parti centriste, « Nous continuons le changement », a obtenu environ 26 % des voix et arrive devant le parti conservateur Gerb, de Boïko Borissov, crédité d’environ 23 %. Ce dernier, qui fut premier ministre jusqu’en avril, a souffert des innombrables scandales de corruption qui ont marqué ses dix années de mandats successifs.

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A l’opposé, M. Petkov a revendiqué la victoire dès dimanche soir en promettant « d’arrêter la corruption et de faire marcher le système judiciaire bulgare ». « Il y a une majorité. La Bulgarie va être gouvernée par un cabinet régulier », a-t-il promis, alors que le pays est sous gouvernement intérimaire depuis avril après deux scrutins législatifs – en avril et en juillet – qui n’ont débouché sur aucune majorité stable. Organisé dimanche, le troisième scrutin en un an a été marqué par une participation historiquement faible.

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Un programme attrape-tout

M. Petkov était ministre de l’économie du gouvernement intérimaire jusqu’en septembre. A ce poste, il a participé ces derniers mois à la grande entreprise de déballage des affaires de corruption organisée par le pouvoir intérimaire. Fort de sa popularité et de son look de gendre idéal toujours souriant, il s’est ensuite lancé dans la campagne en créant sa formation avec le ministre des finances Assen Vassilev, un ancien camarade d’Harvard.

Les deux hommes sont des entrepreneurs. Elevé au Canada, M. Petkov s’est spécialisé dans l’immobilier et dans les probiotiques, M. Vassilev dans les sites Internet de réservation de vols aériens. « C’est la première fois dans la politique bulgare qu’on a un parti avec des hommes d’affaires formés à l’Ouest puis revenus au pays, explique le politologue Ivan Krastev. Ils sont probusiness, mais avec une sensibilité sociale. Leur programme est en fait assez vague pour attraper tout type d’électeurs. »

Au-delà de la lutte contre la corruption, le duo défend un amarrage « dans l’Union européenne et dans l’OTAN », ce qui est important dans un pays où le camp prorusse reste influent, mais ils restent très flous sur les sujets qui divisent la société bulgare comme les droits des LGBT. Pour prendre le pouvoir, M. Petkov devra par ailleurs probablement former une coalition avec trois partis aux profils très différents.

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via LeMonde

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