En Colombie, le président élu Gustavo Petro, un ancien guérillero converti au pouvoir


Gustavo Petro, président colombien élu dimanche 19 juin 2022, célèbre sa victoire avec sa colistière Francia Marquez et sa femme, Veronica Alcocer, au stade Movistar Arena de Bogota.

La Colombie fait l’expérience de l’alternance pour la première fois de son histoire. A la tête d’une coalition de gauche, Pacte historique, Gustavo Petro, 62 ans, a emporté, dimanche 19 juin, le second tour de l’élection présidentielle, en battant le richissime chef d’entreprise Rodolfo Hernandez, 77 ans. Une victoire historique dans un pays qui a toujours été jusqu’ici gouverné par la droite. Celle de sa vice-présidente noire, féministe et écologiste Francia Marquez, descendante de travailleurs tenus en esclavage, ne l’est pas moins. M. Petro, qui prendra ses fonctions le 7 août, succédera à Ivan Duque.

Dimanche soir, en écoutant le futur président déclarer : « C’est une nouvelle histoire qui commence pour la Colombie », les militants de gauche avaient du mal à retenir leurs larmes. « Nous avons perdu tant de camarades, rappelle un vieux syndicaliste, Carlos Suarez. Petro a été plusieurs fois parlementaire, maire de Bogota et trois fois candidat à la présidence. Ce n’est pas l’outsider providentiel tombé du ciel pour sauver le peuple. Nous connaissons ses qualités et ses défauts. »

En tête de liste des premières, ses partisans citent son intelligence, son courage et sa ténacité. « Gustavo Petro, qui a commencé sa vie dans la guérilla, n’a jamais trahi la cause de la gauche », souligne Luis Agudelo, un jeune activiste de la ville de Cali, située dans le sud-ouest du pays. Ricardo Garcia, ex-recteur de l’université de Bogota, se souvient : « Il y a quinze ans, il dénonçait devant le Congrès les liens entre les milices paramilitaires et la classe politique du pays avec le courage du torero qui se met entre les cornes du taureau pour mieux narguer l’animal. » Le président élu a perdu le compte des menaces de mort reçues tout au long de sa carrière politique.

Pour le politologue franco-colombien Yann Basset, « Petro a démontré qu’il a le tempérament, l’éloquence et la vocation de pouvoir d’un grand homme politique ». La maire de Bogota, Claudia Lopez (Parti Vert), approuve : « Son élection est l’aboutissement plus que mérité de quarante années de lutte », dit-elle.

« Consolider le capitalisme »

Né sur la côte caraïbe en avril 1960, Gustavo Petro a grandi dans la ville de Zipaquira, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bogota, où son père était fonctionnaire. Un de ses camarades de collège, Jairo Navarrete, raconte : « Nous étions quatre amis, passionnés d’actualité et de littérature, qui voulions évidemment changer le monde. Nous nous sommes juré de consacrer notre vie à la lutte pour une meilleure Colombie. » Gustavo Petro avait 15 ans. « Dimanche, j’étais heureux de savoir qu’il a tenu promesse », conclut M. Navarrete.

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via LeMonde

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