En Colombie, vague d’assassinats de policiers à la veille de l’investiture du président Gustavo Petro


Des membres de la police nationale colombienne allument des bougies, lors d’une veillée devant le commandement de la police à Cucuta, Norte de Santander, en Colombie, le 27 juillet 2022.

De sa cellule, à New York, le Colombien Dario Antonio Usuga, dit « Otoniel », a demandé, mardi 2 août, à ses hommes de rengainer leurs armes. L’heure est à la négociation. Dimanche 7 août, à Bogota, le premier président de gauche de l’histoire du pays, Gustavo Petro, prendra ses fonctions. Il a fait de la réconciliation nationale et du désarmement de tous les groupes armés qui sévissent dans le pays l’une des priorités de son mandat.

« Otoniel » dirige le « clan du Golfe », la plus grande organisation criminelle de Colombie. Arrêté en octobre 2021, l’homme a été extradé en mai, pour trafic de drogue. Vengeance ou calcul politique, la police colombienne est, depuis, la cible d’attaques sans merci. Trente-six policiers ou policières ont été tués depuis le début de l’année, douze au cours du seul mois de juillet. Plus d’une soixantaine d’autres ont été blesséslors d’embuscades et d’attentats à l’explosif. Le nord-ouest du pays est la région la plus touchée par cette vague de violence que les autorités attribuent « principalement » au clan du Golfe.

L’immense majorité des victimes étaient de simples agents. Selon la police, l’organisation criminelle offre aujourd’hui une récompense de 1 000 à 5 000 dollars (980 à 4 600 euros) pour chaque policier tué. Gouvernement et médias dénoncent un « plan pistolet ». La pratique a été inaugurée dans les années 1980 par feu Pablo Escobar, le baron de la drogue alors en guerre contre l’Etat colombien.

Trois mille hommes armés

En campagne, Gustavo Petro s’est dit prêt à négocier avec tous les groupes armés du pays pour obtenir leur reddition et pacifier le pays. M. Petro a précisé que les criminels devront en tout état de cause « se soumettre à la justice ». Le président Juan Manuel Santos (2010-2018), Prix Nobel de la paix pour avoir signé la fin des hostilités avec la guérilla des FARC, avait, lui aussi, tenté d’amener le clan du Golfe à abandonner ses activités criminelles. Sans succès. La Colombie est, depuis plus de quarante ans, le premier producteur mondial de cocaïne.

« Le clan du Golfe agit aujourd’hui dans le seul but de se positionner pour les négociations politiques. C’est inacceptable », a déclaré Diego Molano, ministre de la défense du gouvernement sortant. Directeur du Centre d’analyse des conflits armés, Jorge Restrepo juge que « la vague d’assassinats n’est pas tant une action planifiée que le résultat d’une réaction spontanée des groupes criminels qui veulent montrer leur force au prochain gouvernement ». « C’est le drame de la violence en Colombie qui, quand elle est massive, devient politique », ajoute-t-il. La droite accuse d’ores et déjà Gustavo Petro de laxisme. « La démonstration de force du clan du Golfe et d’autres organisations criminelles complique la tâche du prochain gouvernement et le démarrage d’éventuels pourparlers », observe le sénateur du parti Vert Ariel Avila.

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via LeMonde

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