En Côte d’Ivoire, des opérations « coup de poing » contre la corruption dans les services publics

Un véchicule de police à Abidjan, en août 2018.

La Côte d’Ivoire a lancé plusieurs opérations « coup de poing » contre la corruption dans les services publics, notamment la police et la gendarmerie, a annoncé mardi 14 septembre Zoro Epiphane Ballo, le ministre de la promotion de la bonne gouvernance, du renforcement des capacités et de la lutte contre la corruption – un portefeuille créé en avril. « Le message, c’est : attention à la fraude, attention au racket, l’Etat vous voit », a-t-il déclaré.

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Selon l’indice de perception de la corruption de Transparency International, la principale ONG de lutte contre la corruption dans le monde, la Côte d’Ivoire a amélioré sa performance depuis 2013 et se classe au 104e rang sur 180 pays. Mais « la perception des Ivoiriens en matière de corruption ne s’est pas améliorée », a reconnu le ministre lors d’un point presse, estimant que c’est « un défi important pour la bonne gouvernance, la croissance durable, la paix et le développement ».

« Le racket a un lien avec la vie chère »

Plusieurs secteurs du service public ont déjà été visés par des opérations visant à recueillir des preuves de corruption. La police et la gendarmerie sont particulièrement dans le collimateur, notamment pour les pots-de-vin prélevés aux vendeurs de produits vivriers sur les routes de Côte d’Ivoire. « Ces pratiques ont un effet certain sur la hausse des prix des produits de consommation. Le racket a un lien avec la vie chère ! », a martelé M. Ballo, alors que de nombreux Ivoiriens se plaignent des prix des denrées alimentaires.

Les services du contrôle technique routier sont également considérés comme un secteur prioritaire, tandis que l’éducation, la santé ou la justice sont suivies de près par le ministère.

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Les résultats de ces investigations ont été transmis aux autorités. Concernant la police et la gendarmerie, le commissaire du gouvernement, chargé de poursuivre les militaires qui ont enfreint la loi, a été saisi.

Dans une enquête réalisée en 2017 par Afrobaromètre, un Ivoirien sur deux déclarait payer des pots-de-vin aux agents de police ou de gendarmerie pour éviter des problèmes ; un sur trois payait les agents de l’administration pour se faire délivrer des documents ; et deux tiers considéraient que signaler un cas de corruption était dangereux du fait du risque de représailles.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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