En Côte d’Ivoire, l’espoir d’une réconciliation avec la rencontre entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo

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Le président ivoirien Alassane Ouattara (à gauche) et l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo.

Leur dernière poignée de main remonte à plus de dix ans : le président ivoirien Alassane Ouattara et son prédécesseur Laurent Gbagbo doivent se rencontrer ce mardi 27 juillet, une première depuis leur duel à l’élection présidentielle de 2010 qui avait débouché sur une violente crise.

Après un premier contact téléphonique au début du mois de juillet, ce face-à-face prévu au palais présidentiel à Abidjan devrait constituer un geste de plus vers l’apaisement de la vie politique en Côte d’Ivoire, dans la continuité du retour de M. Gbagbo dans le pays le 17 juin.

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« Laurent Gbagbo est dans un esprit d’ouverture, de dialogue et de réconciliation », assure à l’AFP Franck Anderson Kouassi, porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de M. Gbagbo. « Il ne peut pas exclure quelle que rencontre que ce soit avec un acteur majeur de la politique, cela va dans la droite ligne de notre disposition d’esprit que de rencontrer le président Ouattara », 79 ans, ajoute-t-il.

« C’est une visite de courtoisie à son aîné (…) si cela peut permettre de décrisper l’atmosphère politique, tant mieux », a commenté de son côté Justin Katinan Koné, porte-parole de M. Gbagbo, 76 ans, appelant toutefois « à ne pas donner plus de relief à cette rencontre qu’elle n’en a ». « Il n’y a jamais eu d’interruption du dialogue dans notre pays et il se poursuivra parce que telle est la volonté du gouvernement », a estimé le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly.

« Divergences abyssales »

Depuis le retour de Laurent Gbagbo, acquitté par la justice internationale de crimes contre l’humanité, le mot réconciliation est sur toutes les lèvres. Elle n’est pourtant pas évidente, tant l’histoire entre les deux hommes reste intimement marquée par les violences post-électorales de 2010-2011. Cette crise née du refus de M. Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, de reconnaître sa défaite à la présidentielle face à Alassane Ouattara a fait plus de 3 000 morts.

Définitivement acquitté par la Cour pénale internationale (CPI), Laurent Gbagbo a pu rentrer en Côte d’Ivoire grâce au feu vert de son ancien rival, toujours au nom de la « réconciliation nationale ».

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Le gouvernement avait également laissé entendre qu’il ne ferait pas appliquer la condamnation de M. Gbagbo à vingt ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pendant les événements de 2010-2011.

« Les deux protagonistes de la crise vont se rencontrer, ce n’est pas totalement anodin ! La rencontre ne va pas effacer les divergences abyssales entre eux, mais c’est une évolution de cette relation : le face-à-face est une reprise de parole en direct », souligne l’analyste politique Rodrigue Koné à l’AFP.

« Respecter les textes »

Selon lui, le camp du président en exercice « interprète cette rencontre comme une reconnaissance de la légitimité et de la légalité d’Alassane Ouattara par Laurent Gbabgo. De façon aussi visible et officielle cela n’avait pas encore été acté. C’est symboliquement très important ».

Difficile cependant d’imaginer Laurent Gbagbo rester discret dans le jeu politique ivoirien. Depuis son retour, il s’est déjà affirmé comme un opposant politique de premier plan à Alassane Ouattara.

Très vite, il était allé rencontrer Henri Konan Bédié, un autre ancien président, désormais poids lourd de l’opposition et il n’avait pas manqué d’égratigner M. Ouattara. Il l’avait notamment appelé à « respecter les textes », en référence à sa réélection en 2020 pour un troisième mandat controversé, au cours d’une présidentielle boycottée par l’opposition qui jugeait ce nouveau mandat inconstitutionnel.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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