En Equateur, les indigènes mobilisés « indéfiniment » contre la hausse des prix


Une femme indigène rejoint les manifestants sur une barricade, à Quito, le 13 juin 2022.

Las indigènes d’Equateur sont à nouveau dans la rue. Et sur les routes du pays, partiellement bloquées depuis le lundi 13 juin. Mercredi 15 juin, le chef de la Confédération des nationalités indigènes (CONAIE), Leonidas Iza, qui avait été arrêté la veille, a été libéré. Mais la CONAIE a annoncé la poursuite du mouvement de protestation. « La détention de M. Iza a uni et intensifié une mobilisation qui avait commencé en ordre dispersé », note la politologue Sofia Cordero, de l’Institut des hautes études nationales.

Les indigènes protestent, entre autres, contre la vie chère et l’augmentation du prix de l’essence. Des incidents isolés et des échauffourées avec la police ont marqué les trois premiers jours de manifestations. Une demi-douzaine de voitures de polices ont été brûlées et, dans l’ouest et le sud du pays, de petits puits de pétrole ont été paralysés par les protestataires.

Des collectifs d’étudiants et de travailleurs se sont joints aux indigènes. Mercredi, à Quito, des camions chargés de manifestants ont fait leur entrée par l’avenue Pedro Vicente Maldonado. La sortie sud de la capitale était bloquée par des véhicules. Le service de transport public a été partiellement interrompu. La fédération équatorienne de football a annoncé la suspension des matchs prévus pour ce week-end.

Une arrestation qui a soudé les manifestants

Le soulèvement d’octobre 2019 est dans tous les esprits. Il a paralysé le pays pendant plus de dix jours et s’est soldé par la mort de 11 personnes – Leonidas Iza s’est à cette occasion imposé comme un leader charismatique, plus intransigeant que d’autres face au pouvoir en place. Dix-huit mois plus tard, cet ingénieur agronome, originaire de la province du Cotopaxi, était élu à la tête de l’organisation indigène. Dans les années 1990, la CONAIE, au faîte de sa puissance, avait joué un rôle décisif dans les manifestations qui renverseraient trois présidents. Répression et divisions avaient ensuite affaibli la CONAIE pendant plusieurs années.

« M. Iza est plus idéologique que ses prédécesseurs et sa direction beaucoup plus verticale, explique Mme Cordero. Il est loin de faire l’unanimité au sein de la CONAIE, mais son arrestation a soudé la communauté indigène. » Selon le gouvernement, Leonidas Iza a été capturé en flagrant délit alors qu’il « obstruait la route panaméricaine E35, où il dirigeait et encourageait des actions pour intensifier la violence ».

Dans une vidéo postée sur Twitter après l’arrestation de M. Iza, le président équatorien, Guillermo Lasso, a fait savoir que « les auteurs intellectuels et matériels des délits commis devront répondre de leurs actes devant la justice et le peuple équatorien ». La détention du leader indigène a d’autant plus surpris que, lundi, le ministre du gouvernement, Francisco Jimenez, avait minimisé l’importance de la mobilisation, jugée « moins importante que prévu ». M. Iza a dénoncé avoir été victime d’un « enlèvement politique ».

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via LeMonde

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