En Espagne, l’envoi d’une frégate en mer Noire divise le gouvernement de gauche

Margarita Robles, ministre de la défense espagnole, lors de la cérémonie organisée à l’occasion des célébrations militaires du Nouvel An, à Madrid, le 6 janvier 2022.

Le 22 janvier, la frégate Blas de Lezo a quitté le port de Ferrol, en Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne, pour se diriger vers la mer Noire avec 220 militaires à bord. Parti avec trois semaines d’avance sur le calendrier prévu, à la demande de l’OTAN, ce fleuron de la marine espagnole, de 146 mètres de long, équipé du système de défense antimissiles Aegis et doté de radars embarqués SPY-1D, devait rejoindre la force navale multinationale de l’OTAN.

Quelques jours plus tôt, le 17 janvier, c’est le navire de lutte antimines Meteoro qui quittait le port de Las Palmas, dans les îles Canaries, pour rejoindre, plus tôt que prévu également, un autre groupe naval de l’OTAN, après une étape, le 21 janvier, dans le port espagnol de Carthagène. Il devait patrouiller le long des côtes de la Bulgarie et de la Roumanie. Puis, mardi 25 janvier, un autre navire antimines, le Sella, est allé le rejoindre au départ de Carthagène. En février, enfin, six avions de chasse espagnols Eurofighter devraient être envoyés en Bulgarie.

Annonces controversées

Ces annonces ont été faites le 20 janvier par la ministre de la défense, la socialiste Margarita Robles, qui a rappelé par ailleurs que 350 militaires espagnols intègrent déjà le bataillon d’Adazi, en Lettonie, et que le royaume participera à la police de l’air balte, en Lituanie, entre avril et juillet. Et elles n’ont pas manqué de soulever une polémique en Espagne, tant elles heurtent de front le positionnement antiguerre du parti Podemos (gauche radicale), qui gouverne en coalition avec les socialistes.

Non seulement cette formation « rejette l’augmentation des mouvements de troupes et l’envoi de navires et avions de chasse dans la zone », mais elle considère, dans un communiqué publié en retour, le même jour, que « cela n’a aucun sens que l’OTAN s’étende à l’Ukraine et à la Géorgie dans l’intérêt des Etats-Unis ». « L’Espagne reste le pays du “non à la guerre” », a rappelé la ministre de l’égalité, Irene Montero, de Podemos, en référence au slogan des grandes manifestations qui avaient parcouru le pays en 2003 contre la décision du chef du gouvernement conservateur, José Maria Aznar, de participer à la guerre en Irak.

Lire aussi l’archive (2003) : Article réservé à nos abonnés Des milliers de manifestants défilent dans le monde contre la guerre en Irak

« Nous sommes des gens de paix. Nous misons sur la désescalade, pour éviter des manœuvres militaires dans la zone, par le dialogue et la diplomatie », a-t-elle ajouté. Le secrétaire d’Etat à l’agenda 2030, le communiste Enrique Santiago, a renchéri, sur Twitter, estimant que « pousser l’OTAN vers la Russie est une grave erreur pour l’Europe, menace la paix et est stratégiquement maladroit : les prix du gaz et du pétrole et l’inflation monteront ».

Il vous reste 50.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess