En Espagne, Pablo Iglesias quitte le gouvernement pour livrer la bataille pour la région de Madrid

Le chef de Podemos, Pablo Iglesias, le 14 janvier 2020 à Madrid.

Lassé, déjà, après une année au sein du gouvernement de coalition de gauche en Espagne, Pablo Iglesias a décidé de reprendre sa liberté, et de replonger dans l’arène politique et la bagarre des campagnes électorales. A la surprise générale, le chef du parti de la gauche radicale Podemos a annoncé, lundi 15 mars, qu’il quitterait l’exécutif mené par le socialiste Pedro Sanchez, dont il est deuxième vice-président chargé des droits sociaux, afin de se présenter aux élections régionales madrilènes anticipées du 4 mai. Sa décision sera effective dès que commencera la campagne, le 17 avril.

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« Un militant doit être là où il peut être utile », a expliqué M. Iglesias dans une vidéo de huit minutes envoyée aux militants. « Madrid a besoin d’un gouvernement de gauche », a-t-il martelé, estimant que la région « court le risque d’être gouvernée par la droite ultra d’Ayuso et de Vox ». La présidente régionale sortante, Isabel Diaz Ayuso, figure de proue du Parti populaire (PP, droite) qui incarne un populisme décomplexé, est donnée largement en tête des sondages, avec près de 40 % des intentions de vote, et a déjà avancé qu’elle n’aurait « aucun mal à se mettre d’accord avec Vox », le parti d’extrême droite.

Au contraire, les sondages publiés ces derniers jours situaient Podemos aux alentours de 5 %, la barre sous laquelle le parti risque d’être privé de représentation parlementaire là même où il est né, il y a sept ans. Dans la capitale espagnole, c’est le parti Mas Madrid, piloté par l’ancien cofondateur de Podemos et dissident Iñigo Errejon qui occupe presque tout l’espace de la gauche alternative au Parti socialiste, que M. Iglesias espère à présent récupérer.

Pari risqué

Un pari risqué qui a de quoi inquiéter, aussi, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). « M. Iglesias, qui n’aimait pas la gestion, abandonne une vice-présidence avec peu d’attributions pour récupérer sa position politique et davantage de marge de manœuvre pour dire ce qu’il pense et critiquer le gouvernement de l’extérieur… », souligne Pablo Simon, professeur de sciences politiques à l’université Carlos III de Madrid.

Ces derniers mois, les tensions se sont accrues entre Unidas Podemos et le PSOE. D’un côté, les socialistes n’apprécient guère les dérapages verbaux de M. Iglesias, lorsqu’il attaque la monarchie, critique le « manque de normalité démocratique » en Espagne ou compare l’ex-président de la Catalogne Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique après la tentative de sécession d’octobre 2017, avec les exilés républicains de la guerre civile. Son parti a voté, le 9 mars, contre la levée de l’immunité de M. Puigdemont au Parlement européen.

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via LeMonde

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